L'empire des séries. Mark Ruffalo, bluffant dans "I know this is much true"

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Mark Ruffalo plutôt habitué à incarner Hulk dans la série des Avengers incarne deux frères jumeaux. Une plongée aux enfers dans l'Amérique pauvre inspirée du best-seller "La puissance des vaincus". Huit épisodes disponibles sur la plateforme OCS

Attention déprime assurée et performance d’acteur immanquable. Mark Ruffalo , alias Hulk dans Avengers, incarne deux frères jumeaux dans I know this is much true, cette mini série de HBO en six épisodes disponible sur la plateforme OCS.  

Le premier, 40 ans, est costaud, barbu, cigarette à la bouche, divorcé, peintre en bâtiment après avoir quitté son poste de professeur à la fac et agité par l’énergie du désespoir. N’en jetez plus ! Le second est bouffi, vouté, apeuré et schizophrène : au début de la série, dans une bibliothèque locale, il se tranche la main en récitant des versets des Evangiles pour protester contre l’intervention américaine au Koweit - on est en 1991 - et est interné dans un hôpital psychiatrique.  Son frère va se battre pour l’en faire sortir, comme il s’est toujours occupé de lui depuis son enfance. Ajoutez une mère atteinte d’un cancer, un beau-père violent, une enfance compliquée, c’est comme une malédiction qui semble s’abattre sur cette famille.  

I know this is much true était un best seller de plus de 1000 pages sorti en France sous le titre de La puissance des vaincus. Une plongée dans l’Amérique populaire et pauvre dans l’état du Connecticut. L’histoire d’une génération d’immigrés italiens de 1920 à 1990, des secrets cachés, une succession de malheurs.

Sombre comme chez les frères Dardenne

Le réalisateur Derek Cianfrance sait tourner ces films intimistes. Dans Blue Valentine avec Ryan Gosling et Michelle Williams, il racontait un amour qui s’échappait. Dans cette série, l’image est grasse, comme si on était chez les frères Dardenne, on multiplie les gros plans. Tout est sombre. Même le cabinet de la psychiatre.  

Mark Ruffalo est méconnaissable dans les deux rôles qu’il a tourné à six semaines d’intervalle. Le résultat est fort. Une série épuisante, où le pire n’est jamais impossible.. ça ne donne pas forcément envie sur le papier de la regarder et pourtant à travers ce portrait juste, c’est toute une humanité qui se dégage et un ode à la résilience de l’âme humaine et des questions qu’on se pose toujours comme "Est-ce que la violence se transmet de génération en génération" ?  

Vous êtes à nouveau en ligne