Voter, s’exprimer ou s’exposer ?

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Qui votera à la primaire socialiste ? C’est maintenant LA question, à quelques jours du premier tour de la désignation du candidat du PS pour la présidentielle. Combien de personnes oseront-elles déposer un bulletin dans l’urne et se reconnaître publiquement dans les valeurs de la gauche.

Les conditions à réunir pour voter sont assez peu dissuasives.
Il faut se présenter à son bureau de vote (qui n’est pas forcément celui des élections nationales, le site du parti socialiste permet de le trouver facilement). Il faut se munir d’une carte d’identité et d’un euro.
Arrivé sur place, il faudra signer un engagement de reconnaissance dans les valeurs de la gauche... un texte très court : « je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès social. »
Une fois cette étape franchie, l’électeur potentiel n’aura plus qu’à choisir son candidat ou sa candidate et mettre son bulletin dans l’urne.
S’il y a beaucoup de monde , il faudra patienter peut-être, au milieu d’autres électeurs de gauche, et prendre le risque d’être reconnu et identifié comme étant de gauche.

Et c’est cela qui peut être dissuasif.

C’est ce que pense l’UMP.
Jean-François Copé a lancé ce débat. Pour le secrétaire général de l’UMP les votants seront identifiés, et s’exposeront éventuellement, au ressentiment, de certains élus de gauche mal intentionnés qui pourraient profiter de l’occasion pour mesurer le dégré de sincérité de leurs sympathisants ou supposés tels.
C’est le principal obstacle à la participation à cette primaire, elle suppose d’assumer le fait d’y participer.

Ce qui n’est pas si évident, en fonction du poste que l’on occupe.

Hé bien, il y a un exemple qui va devenir célèbre. C’est celui de Stéphane Richard, le patron de France Télécom.
En tant que citoyen, il se voyait bien participer à cette primaire.
Il le confiait à France info, le 30 septembre : "C’est une élection qui est ouverte à tous les français, et je ne vois pas pourquoi moi, comme n’importe qui d’ailleurs, se sentirait exclus de cela. Moi je suis concerné par la vie politique de mon pays, j’ai mes options politiques qui ne concernent que moi, là c’est pas le chef d’entreprise qui parle c’est le citoyen. Ça m’intéresse, je trouve qu’on nous donne la possibilité d’avoir une influence sur le casting de l’élection présidentielle, c’est quand même très important, et donc oui je le ferai. Par ailleurs, je me sens tout à fait en harmonie avec la plateforme de valeurs qui sera proposée à tous les électeurs des primaires dans quelques jours."

Mais une semaine plus tard, Stéphane Richard l’assure, il ne participera pas à la primaire socialiste. c’est le patron de France Télécom, qui s’explique : "non, je serai à Paris dimanche, mais je n’irai pas voter aux primaires. Pour moi c’est une situation qui est très claire, ma famille de pensée c’est la gauche, je viens de là, je ne la renie pas. En même temps j’ai travaillé en 2007 dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy, à sa demande, avec Jean-Louis Borloo, et Christine Lagarde. Je suis heureux et fier d’avoir fait cela. Je pense que l’on a fait des choses utiles pour noter pays. Mais ce qui me guide aujourd'hui, c’est ma responsabilité de président de France Télécom, je pense que dans cette position là je dois avoir une neutralité absolue, et j’ajouterai que je ne veux absolument pas que cet acte éventuel soit interprété comme une sorte de défiance envers le président de la République à qui je conserve une fidélité absolue."

Stéphane Richard qui fait partie de la dé la délégation qui accompagne Nicolas Sarkozy aujourd'hui en Arménie, au micro d’Hervé Toutain.

De quoi peut-être refroidir certains électeurs ?

C’est possible, en tout cas c’est difficile à quantifier.
Un ministre UMP estime qu’à moins de deux millions, la primaire serait un échec.
Les socialistes tablent en moyenne sur un million de votants, en espérant bien plus.
Les derniers jours vont être sous pression.

Et pour avoir les résultats au plus vite et les réactions politiques de tous les horizons, France Info sera en édition spéciale dimanche soir dès 19 heures, dès la fermeture des bureaux de vote.

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