Une majorité au moral en berne

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C’était la reprise à l’Assemblée aujourd'hui, au surlendemain des élections sénatoriales. Et le camp sarkozyste a plutôt le moral dans les chaussettes.

Franchement, ils ne sont pas très fringants les députés de la majorité.
D’abord, ils ne sont pas très nombreux à venir commenter l’échec sénatorial de la majorité.
Ceux qui osent, mettent en avant une arithmétique prévisible, de la part de grands électeurs issus des précédents scrutins locaux, gagnés par la gauche.
Hors micro, ils sont un peu plus nombreux à laisser filtrer leurs inquiétudes ou leur rancœur, en pensant à 2012.
Les premiers se disent que c’est loin d’être joué, mais veulent croire au talent de Nicolas Sarkozy, pour emballer une campagne.
Les autres accusent une UMP qui n’a pas bien géré les investitures, (et par conséquent les dissidences), une majorité qui ne sait pas défendre les réformes courageuses du gouvernement, ou encore des centristes qui refusent de jouer collectif.
Au micro, ce sont les ruraux les plus offensifs. Leur porte parole Pierre Morel Alhuissier prévient, si le pouvoir continue à ne pas les entendre, la présidentielle sera perdue.

La perte du Sénat laisse des traces, donc, mais nous sommes encore à 7 mois de la présidentielle.

C’est ce que fait remarquer François Fillon, sur l’air de « rassemblons nous au lieu de paniquer ». Sauf qu’il ya un autre front, qui embarrasse la majorité, c’est celui des affaires.
Le vert Noel Mamère a porté le fer en début de séance, sur un ton polémique, comme à son habitude… Le ministre de la justice Michel Mercier, lui répond, sans entrer dans la polémique.
François Fillon se réserve pour une réponse à Jean-Marc Ayrault. Le président du groupe socialiste insiste sur la victoire de la gauche au Sénat.
Le Premier ministre répond sur un ton très courtois, il prend acte, et promet un dialogue responsable. Il en appelle à un devoir collectif pour sauver l’euro.
Tout cela se fait dans un esprit très républicain, et puis, François Fillon s’emporte, sur les affaires.

"La vérité, c'est qu'hier la gauche se drapait dans la présomption
d'innocence pour protéger Dominique Strauss-Kahn. Aujourd'hui, vous la foulez
aux pieds, cette présomption d'innocence. La présomption d'innocence dans votre
conception de la République, c'est pour la gauche, pas pour la droite"
François Fillon cite une faute morale en reprenant la formule de Dominique Strauss-Kahn. Le ton est offensif. Il porte du coté de la majorité. Par deux fois, les bancs de la droite se lèvent pour applaudir le Premier ministre.
François Fillon a réussi, le reflexe de cohésion fonctionne, la droite serre les rangs.

Et à gauche, François Fillon réussit aussi son effet ?

Un peu moins.
Les socialistes refusent de tomber dans la polémique, tout en insistant là où cela fait mal.
La réaction de Jean-Marc Ayrault.

« François Fillon et la majorité sont mal. Ils ont subi un choc. La meilleure défense c’est attaque. Cette méthode ne marche plus. Ce que je demande c’est que la justice fasse son travail, et que le gouvernement lève le secret défense. »

Les socialistes qui sont plus souriants que les UMP, mais qui s’efforcent de ne pas trop le montrer.
« Quand on commence à douter, on a perdu », a prévenu François Fillon dans la matinée devant les députés UMP.
Quand on commence à chanter victoire, on perd aussi.. Les socialistes connaissent l’autre versant de l’adage.

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