Une cuisine budgétaire hollandaise pas très modeste

François Hollande et Jean-Marc Ayrault affirment présenter un budget de combat aujourd'hui. 10 milliards d'économie, 20 milliards d'impôts. Un subtil dosage destiné à faire de la rigueur sans pénaliser la croissance.

C'est un budget qui se veut historique.

Sans le dire, il fait de la rigueur, mais en assurant mener cet effort
de façon telle, qu'il ne pénalise pas la croissance.

François Hollande, Jean-Marc Ayrault et leur équipe ne craignent pas de
s'affronter à la quadrature du cercle, afficher une politique  budgétaire suffisamment sérieuse pour rassurer
les marchés, mais suffisamment équilibrée politiquement (en épargnant les plus
faibles aux dépens des privilégiés) pour retisser la confiance avec les français
et les entreprises.

La confiance, car c'est le troisième élément de ce cercle vertueux de la
croissance. Un facteur indispensable, mais irrationnel que cherche François
Hollande et ses troupes.

 

Mais la confiance, comme on a
coutume de dire, cela ne se décrète pas...

C'est comme la chance, ça se provoque, cela se suscite... souvent par un
discours très affirmé, presque péromptoire , à la Nicolas Sarkozy.

Vous l'avez remarqué, ce n'est pas le style, ni de François Hollande,
ni de Jean-Marc Ayrault.

Le couple exécutif préfère la persuasion douce. Une méthode qui frôle
parfois l'immodestie.

C'est ainsi que Jean-Marc Ayrault, hier soir, à la télévision, n'a pas
hésité à se comparer à Gerhard Schorder, le chancelier SPD (l'équivalent du PS en
Allemagne), que la droite ne cesse de louanger le courage réformiste.

"C'est seulement dans son deuxième mandat qu'il a mené les
réformes de structurés. Alors on dit : formidable Schröder !  Ben, non. Nous on attend pas comme Schröder,
on va plus vite que lui. Gerhard Schröder, après la période de la réunification,
a engagé des réformes, il a investi dans la compétitivité, il a mis des
milliards dans la recherche, dans l'innovation, dans le soutien aux grosses PME
allemandes. Il a eu raison. Je le partage. Et cela n'a pas été fait par les gouvernements
de droite en France. Mais je suis en désaccord, car une partie de ces réformes
a créé des inégalités sociales. Et cela je ne l'accepte pas. Je crois qu'il est
possible de renforcer notre compétitivité, de réussir notre redressement sans casser
le tissu social français.
 "

 

Car dans la petite cuisine concoctée par François Hollande et Jean-Marc
Ayrault, après la mise en bouche du budget, un plat salé sucré mêlant rigueur
et mesures de gauche, viendra le plat de résistance du " paquet
compétitivité " destiné à relancer l'industrie française.

L'ensemble devrait allier rigueur, croissance, et réindustrialisation.

Comme quoi, François Hollande et Jean-Marc Ayrault moqués pour leur style
effacé, ne craignent pas  de paraître
présomptueux.  

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