UMP : épilogue ambigu

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François Fillon ne votera jamais pour le FN, le parti dirigé par Jean-François Copé maintient sa ligne du " ni ni ". Le comité politique de l'UMP a décidé de tourner la page ce mardi matin. Pourtant, il y aura un avant et un après petite phrase de François Fillon.

Visiblement,
tout va recommencer comme avant, et chacun fera mine d'oublier la sortie de François
Fillon.

En apparence,
l'UMP s'est unie derrière une seule et unique déclaration en 3 points

-        
Appel au rassemblement,

-        
Opposition au PS

-        
Combat contre les
extrémismes et les sectarismes.

Le nom du
parti de Marine Le Pen n'est pas cité, même s'il peut se deviner derrière le
dernier point.

Officiellement
donc, l'UMP n'a pas changé de doctrine. Le "ni ni" demeure, entre
le FN et le front républicain, l'UMP ne choisit pas.

Exit, en
apparence le conseil de François Fillon qui, entre un socialiste et un
frontiste, pouvait juger le candidat de Marine Le Pen moins sectaire.

En apparence, dites-vous, car la position de François
Fillon n'a pas varié.

L'ancien Premier
ministre a juste précisé qu'à titre personnel, il ne voterait jamais pour un Front
National, mais il n'est pas revenu sur ses propos. Ces propos qui
avaient déclenché un tollé interne. Jean-Pierre
Raffarin avait même parlé d'alerte rouge. Un pas a
donc été franchi, par un ancien Premier ministre, l'un des plus hauts
responsables de l'UMP. François
Fillon estime que le sectarisme socialiste peut justifier un vote FN. Après
quelques émois, l'UMP fait mine de passer à autre chose. Tout ça pour
ça, à quoi bon ce tohu bohu, telle est désormais la posture de ceux qui veulent
croire que François Fillon est revenu au bercail.

Et on peut se poser la question :
beaucoup de bruit pour rien finalement.

Beaucoup de
bruit pour un cas de figure, un duel FN PS assez hypothétique. Beaucoup de
bruit pour rien en ce sens. Beaucoup de
bruit pour un véritable tournant, si l'on note bien qu'à l'UMP désormais, le
sectarisme peut autant relever du PS que le FN. Cela ne se
traduit pas en consigne de vote, mais cela traduit un état d'esprit.

Cet état d'esprit
est-il bien nouveau en réalité ? Pas forcément. Ces
dernières années, le dialogue s'est révélé impossible entre les deux partis de pouvoir.
Souvenez-vous les échanges d'invectives lors des séances à l'Assemblée
nationale. Que l'UMP ne
supporte pas les socialistes et les juge, incompétents, irresponsables, ou
sectaires, voire illégitimes, franchement, ce n'est pas un scoop. François
Fillon s'est peut-être contenté de le dire. Pendant que d'autres, plus
localement, commençaient à prendre langue avec des élus FN moins infréquentables. La vraie
question pour l'UMP serait de savoir comment le mouvement en est arrivé à ce
constat, en même temps qu'il se retrouvait dans l'opposition. Mais ce
débat-là est peut-encore encore trop douloureux pour être lancé pour l'instant.