Quand la campagne fiche une compagne...

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Ce n’est qu’une rumeur, mais en quelques heures, elle a mis le feu aux poudres politiques. D’après le site de l’Express, au début de l’année 2011. la direction du renseignement aurait enquêté sur la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, une journaliste. Soupçons qui ont suscité la réaction indignée du candidat socialiste à la primaire présidentielle, et le démenti du ministre de l’intérieur, Claude Guéant.

Tout s’est emballé en quelques heures.
En fin de matinée, le site de l’hebdomadaire l’Express l’affirme : au début de l’année, « des fonctionnaires triés sur le volet, d’une section de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris, reçoivent l’ordre d’enquêter sur la compagne de François Hollande ». Il s’agit de recueillir des informations sur le passé et l’entourage de cette journaliste à Paris Match et Direct 8.
L’hebdomadaire ne précise pas qui... a donné l’ordre... mais s’appuie sur des « sources policières concordantes, à plusieurs niveaux hiérarchiques ».
Peu après sur France Info, le socialiste Jean-Jacques Urvoas, spécialiste des questions de police, confirme les rumeurs… s’indigne contre ces pratiques, et réclame des explications. Selon ce récent rallié à François Hollande, si la commande a été passée, c’est par une autorité politique.

L’affaire est donc avant tout politique ?

Et même essentiellement politique. Car moins de deux heures après les révélations de l’Express, la préfecture de police de Paris publie un communiqué pour démentir l’existence d’une note ou d’une demande d’enquête.
Une célérité liée à la gravité du soupçon.
Ces notes blanches, ces fiches de renseignement, sans en-tête, ni signature, qui ne laissent pas de trace, ne sont plus sensées exister, depuis au moins 1995.
A l’époque, des enquêteurs des RG, les renseignements généraux s’étaient faits pincer alors qu’ils espionnaient un conseil national du PS.
Le renseignement sur les activités politiques des adversaires du pouvoir ne sont plus de mise.
Les services de renseignement doivent s’en tenir à des missions en lien avec la protection des intérêts fondamentaux de la Nation.
Ce qui n’est pas le cas, quand il est question de fouiller l’entourage, autrement dit de décrypter le carnet d’adresse, d’une journaliste spécialiste des questions politiques, compagne d’un responsable politique d’opposition.

Il s’agit d’une rumeur, démentie, et pourtant, elle suscite beaucoup de réaction dans le monde politique.

C’est qu’elle intervient dans un contexte particulier.
Des informations judiciaires sont ouvertes sur la violation du secret des sources de journalistes du quotidien Le Monde.
Un ancien ministre de l’intérieur apparaît étrangement bien informé sur des auditions couvertes par le secret de l’instruction.
Si ces dernières révélations étaient vraies, s’insurge François Hollande, cela « voudrait dire que l’on est revenu à des pratiques qui existaient il y a bien longtemps, à des manœuvres obscures », accuse le candidat à l’investiture présidentielle.
En fin d’après midi, Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur se défend. L’information n’est « pas avérée, il n’y a pas de preuve », et si cela avait existé, il en serait « indigné ».
Claude Guéant qui tient un point presse au ministère de l’Intérieur ce soir.

Autrement dit, la polémique est à son comble.

La polémique politique, oui.
Car sur le plan factuel, il s’agit d’une information démentie, d’une rumeur.
Mais une rumeur qui apparaît plausible aux yeux d’une partie de l’opposition, dans le contexte ambiant.
Une rumeur qui choque les proches de François Hollande, car sa compagne Valérie Trierweiler s’est astreinte au silence. Journaliste politique à Direct 8, (elle intervient dans les pages culture à Paris Match) elle a annoncé l’abandon de son émission, sur la campagne présidentielle, par un court message sur twitter ce matin. Un réseau social sur lequel elle a réclamé le respect de sa vie privée.
Un style de communication assez soft.
Les réactions socialistes aujourd'hui se veulent aussi avertissement, contre les excès et la peopolisation d’une campagne présidentielle qui officiellement n’a pas encore commencé.
Officiellement, ni le PS, ni l’UMP n’ont investi leur candidat pour 2012.

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