NKM, la frondeuse reste numéro 2 des Républicains

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Chez Les Républicains le remaniement tant annoncé n’a pas eu lieu, Nathalie Kosciusko-Morizet reste numéro 2. Que s’est-il passé entre samedi et le Congrès fondateur ? Eléments de réponse.

Nathalie Kosciusko-Morizet a vu le boulet du canon passer pas très loin. Mais, à l’issue d’une entrevue ce matin avec Nicolas Sarkozy et son ennemi juré Laurent Wauquiez. A l’issue de ce huis-clos, elle est ressortie du bureau du Président des Républicains avec les mêmes fonctions et le même rang. Elle était vice-présidente de l’UMP, elle est vice-présidente du nouveau parti : Les Républicains. Elle était numéro 2 de l’UMP, elle est numéro 2 chez Les Républicains. Ce mardi matin, les discussions ont notamment porté sur une fonction que Nathalie Kosciusko-Morizet aurait pu envisager : s’occuper du programme des Républicains, construire cette base que Nicolas Sarkozy aimerait proposer à tous les candidats à la primaire, la première étape vers un programme présidentiel. Mais au final, c’est Eric Woerth qui va s’en charger. Eric Woerth est définitivement blanchi par la justice de toutes les affaires et il est un fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy. Il revient de loin, de très très loin, et cela plaît à l’ancien chef de l’Etat. Eric Woerth a une autre qualité, il représente une sensibilité libérale au sein de la famille des Républicains.

 

NKM est aujourd'hui confortée mais ces dernières semaines, son départ était évoqué. En effet, l’entourage le plus proche de Nicolas Sarkozy a alimenté de confidences les journalistes. Nicolas Sarkozy n’aurait pas du tout apprécié plusieurs sorties de NKM. Son idée de baisser les impôts de 100 milliards d’euros, par exemple, n’a pas été du goût de Brice Hortefeux entre autres. Elle s’était aussi permise de contester le ni-ni pendant les élections dans le Doubs et elle avait tiqué lorsque Nicolas Sarkozy avait lancé l’idée de supprimer les menus de substitution dans les cantines scolaires. Bref, Nathalie Kosciusko-Morizet jouait un jeu trop personnel alors qu’il y a un chef : Nicolas Sarkozy.

 Pourquoi NKM reste-t-elle numéro 2 du parti ?

 

Nicolas Sarkozy a toujours beaucoup de mal à se séparer brutalement des gens. Ca ne veut pas dire qu’il soit tendre ou agréable mais il ne tue jamais et cela pour deux raisons. Quelqu’un qui est exclu se transforme immédiatement en rival potentiel et Nathalie Kosciusko-Morizet l’a déjà dit, elle pourrait se présenter à la primaire en 2016. C’est un vieux principe en politique, ça marche aussi dans les entreprises, il vaut mieux garder ses ennemis à portée de vue. Deuxième raison qui ne pousse pas Nicolas Sarkozy à mettre dehors NKM, elle rééquilibre un peu les Républicains. Des gaullistes aux libéraux en passant par les centristes et la droite de la droite, il faut de tout. Nathalie Kosciusko-Morizet incarne donc une petite frange, une toute petite minorité. Pour caricaturer : elle est jeune, c’est une femme et elle peut séduire les bobos. Dans une campagne interne, la primaire, qui dérivera plus facilement à droite pour séduire le noyau dur des militants, NKM peut apporter un équilibre à l’édifice. Un équilibre qu’il faudra retrouver d’ici l’élection présidentielle.

 

S’agissait-il d’un bluff ce matin ?

 

Entre l’entourage de Nicolas Sarkozy qui racontait qu’elle allait prendre la porte et Nathalie Kosciusko-Morizet et ses proches qui assuraient qu’elle n’en avait rien à faire, qu’elle était libre, il y a probablement beaucoup de bluff. Mais personne n’est allé jusqu’au bout. Il faudra donc seulement noter et retenir que cette fois-ci NKM la frondeuse ne s’est pas excusée en sortant et que le parti s’est fendu d’un simple communiqué. Pas de larme, ni de sang, mais les Républicains n’ont pas fini de se construire.

 

 

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