Nathalie Kosciusko-Morizet, la liberté face à la rancune

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A peine désignée candidate, Nathalie Kosciusko-Morizet a revendiqué sa liberté vis-à-vis des appareils. Mais elle devra compter avec les rancuniers.

La surprise était agréable pour elle. Plus de 58%... alors que les esprits les plus chagrins lui
prédisaient un second tour difficile. Nathalie Kosciusko-Morizet a pu adresser un joli pied de nez
à ses rivaux. Elle a aussitôt rejoint son siège de campagne, le sien, pas
celui de la primaire où ses détracteurs, Pierre Yves Bournazel et Jean François
Legaret  venaient de lui rendre les
armes. Aujourd'hui, elle s'est exprimée sur le toit d'un hôtel parisien,
pour prendre son envol électoral, loin de ces basses querelles.. Prendre de la
hauteur, et tenter de lancer sa bataille contre la socialiste Anne Hidalgo.  

Mais Nathalie
Kosciusko-Morizet a vite été ramenée aux réalités de son camp.

Une mise au point signée Patrick Buisson, le conseiller de Nicolas
Sarkozy, celui qui porte la responsabilité de la droitisation de la campagne de
l'ancien président, et d'une partie de l'UMP. Dans l'Express, Patrick Buisson dit tout le mal (la formule est
appropriée) tout le mal qu'il pense de Nathalie Kosciusko-Morizet. Jugez plutôt : elle n'est pas la "meilleure pour
gagner
", elle est la "meilleure pour perdre ". Pour que la
droite l'emporte, il faudrait un candidat qui aille au-delà, or, pour Patrick
Buisson, non seulement Nathalie Kosciusko-Morizet est "trop bling bling
pour les classes moyennes
", mais aussi "trop clivante ".

La critique peut surprendre, car Nathalie Kosciusko-Morizet s'est
souvent illustrée par ses prositions atypiques à l'UMP.

Elle y a prôné l'écologie bien avant la mode. Elle cultive  son profil de politique geek. Et c'est une
femme qui assume sa féminité dans un parti de compagnons du genre viril. Nathalie Kosciusko-Morizet a donc plus souvent essuyé des
critiques pour son coté bobo, décalé dans ce mouvement, plutôt que pour un
profil d'apparatchik de l'UMP. Et si elle est clivante, c'est plus en interne qu'au-delà des
limites de l'UMP.

Nathalie
Kosciusko-Morizet a beaucoup d'inimitiés en interne ?

Oui, parce que parmi les hiérarques, elle est  indépendante. Ancienne porte parole de Nicolas Sarkozy, en 2012, elle ne
fait pas figure de sarkozyste pour autant. Ecologiste dans l'âme, elle refuse de s'incliner devant l'autorité
de son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo, pourtant membre fondateur du mouvement
génération écologie avec Brice Lalonde en 1990. Quand d'autres ambitieux s'unissent  comme des mousquetaires, elle s'affiche avec
Rachida Dati, une autre indomptable... pour quelques temps seulement. Nathalie Kosciusko-Morizet n'est pas docile. Et cela se sait
à l'UMP.

Beaucoup la croient solitaire, en réalité, elle n'a jamais rompu
avec le réseau chiraquien, qu'elle fréquente depuis l'enfance.

Un réseau qui a tissé sa toile avant cette primaire à Paris.
D'où peut-être ce score de 58% qui a surpris ses rivaux, proches de Patrick
Buisson. Et finalement, à l'issue de cette primaire, Nathalie
Kosciusko-Morizet apparaît peut-être plus chiraquienne, que clivante.

 

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