Les JO, nouvelle utopie politique

Anne Hidalgo freine l’enthousiasme de François Hollande pour une candidature de Paris aux JO de 2024. La maire de Paris refuse d’emboiter le pas du président de la République pourtant enthousiasmé par le sujet.

L’affirmation est venue en fin d’interview, quand la concentration se relâche un peu. François Hollande est interrogé sur deux événements auxquels peut prétendre la capitale, l’Exposition Universelle de 2025, et les Jeux Olympiques de 2024.

Anne Hidalgo est favorable à la première, réticente sur les seconds. François Hollande le sait. Il est affirmatif sur l’Exposition : "Oui la France va déposer sa candidature". 

Il se veut plus précautionneux sur les Jeux, mais son engouement transparaît.  Il y est "favorable"  si la Ville le décide.

François Hollande a déjà abordé ce sujet avec Anne Hidalgo, il reconnaît qu’il devra la convaincre. Elle ne veut pas « prendre de risque mais elle sait que c’est un chance pour sa ville » décide François Hollande, débordant d’enthousiasme : « c’est très important dit-il, cela créera de la ferveur (les Français partageront cet objectif), mais aussi "des équipements, des emplois, et des industries qui pourront se montrer".  Seulement, François Hollande a oublié une chose, Anne Hidalgo n’est pas du genre à se laisser dicter sa conduite.

La maire de Paris remet le président de la République à sa place.

Anne Hidalgo a tout bonnement rappelé au chef de l'Etat qu’elle était leader sur ce dossier, et qu’il faudra agir selon son calendrier et sa méthode, c'est-à-dire tenir compte de ses conditions : le respect de l’éthique et de la transparence, un nouveau modèle économique et l’impact environnemental de l’événement. Trois conditions très politiques. L’éthique, c’est un impératif lié au gigantisme des projets, jusque dans le lobbying des villes candidates. L’impact environnemental correspond à un marqueur de l’action municipale d’Anne Hidalgo.

Le nouveau modèle économique tient au coût réel de l’organisation des Jeux au regard des retours qu’ils engendrent.

Anne Hidalgo ne veut rien précipiter. François Hollande envisage un rêve commun et fédérateur, ce qui pèse une certaine valeur politique. Bien des responsables politiques conservent un souvenir ému de la  France « Black Blanc Beur » de la coupe du monde de 98.

Anne Hidalgo rétorque avec le pragmatisme économique d’une ville soucieuse de ses dépense en temps de vaches maigres : "avoir des rêves c’est bien,  les réaliser, c’est encore mieux". 

La maire de Paris plus rigoureuse que le chef de l'Etat ?

Ce serait un paradoxe : Anne Hidalgo serait donc plus attentive à son budget que le président accusé de mener une politique de rigueur. François Hollande et Anne Hidalgo n’ont pas le même calendrier. François Hollande pense à l’effet mobilisateur et dynamique de la procédure de la candidature candidature. Anne Hidalgo n’a aucune envie d’assumer un nouvel échec de la capitale à l’issue du processus. La ville candidate aux JO de 2024 sera désignée en septembre 2017. Quelques mois après la présidentielle du printemps, en plein milieu du premier mandat d’Anne Hidalgo.