Le blues des élus municipaux

Moins d'un an après les élections municipales, adjoints et conseillers n'hésitent parfois pas à jeter l'éponge. C'est le cas notamment dans le Nord de la France. Ce sont nos confrères de la Voix du Nord qui révèlent cette grosse déprime. Les chiffres de la Préfecture sont édifiants et actualisés par France Info : 312 élus municipaux ont déjà démissionné depuis mars dernier.

Ils n'étaient qu'une cinquantaine sur toute la durée du mandat précédent entre 2008 et 2014. 312 adjoints et surtout conseillers. C'est près de 5% de l'ensemble des élus municipaux du département. Du jamais vu pour Patrick Masclet, le président de l'Association des maires du Nord. Élu UMP, il est Maire depuis près de 20 ans, Il dirige une commune de 3.000 habitants, Arleux. Et pour lui, c'est le changement de mode de scrutin pour les communes entre 1.000 et 3.500 habitants qui a changé la donne. La proportionnelle qui politise la gestion des petites communes d'après Pierre Masclet. Car davantage d'opposants siègent désormais dans les conseils municipaux. D'où des discussion plus politisées, moins consensuelles, et des maires qui font parfois acte d'autorité pour faire passer leurs délibérations.

Mais les motifs de grogne vont bien au-delà

La liste de doléances est longue comme le bras d'après l'Association nationale des maires de France. Des normes qui pullulent, une responsabilité juridique de plus en plus importante pour les maires et surtout des budgets qui fondent comme neige au soleil avec la baisse des dotations de l'État. La tension est de plus en plus vive dans les équipes municipales. Et il y a 3 semaines, 150 élus du Puy-de-Dôme ont manifesté devant la préfecture à Clermont. Pierrette Daffix-Ray représente les Maires dans le département.Et elle insiste, le mouvement est général, quel que soient les étiquettes politiques. Elle est d'ailleurs la maire divers-gauche de Youx, une commune de 1.000 habitants. Et l'association des maires de France menace de lancer un mouvement de plus grande ampleur. Nouvelles démissions, manifestations, grèves administratives. "On va montrer les dents " prévient l'AMF. Son Président, François Baroin sera d'ailleurs reçu par Manuel Valls mercredi prochain.