La gauche divisée sur la stratégie face à la menace Front national

Entre la position de Manuel Valls qui revendique la stigmatisation de Marine Le Pen et Martine Aubry qui appelle à "combattre" le FN, les ténors du PS débattent de la stratégie à adopter pour empêcher le succès annoncé dans les sondages du parti d'extrême droite aux élections départementales des 22 et 29 mars prochain.

Comment répondre aux Front National ? La question taraude la droite, elle préoccupe aussi la gauche. Il y a une stratégie qui a été arrêté par l’Elysée et Matignon, avant les élections départementales. François Hollande et Manuel Valls ont choisi de faire du combat contre le Front National l’enjeu principal de cette campagne. Cette stratégie s’est traduite par 2 phrases remarquées. Il y en avait eu d’autres. Deux phrases la semaine dernière ; celle du chef de l’état dans le Parisien. "Il faut arracher les électeurs au FN..."  Et, dimanche, sur Itélé, le Premier ministre a expliqué qu’il avait peur"que son pays se fracasse contre le Front National" . il revendique la stigmatisation de Marine Le Pen. C’est une seule et même stratégie revendiquée par les entourages des deux hommes, mais une seule et même stratégie qui peut se lire de plusieurs manières. La gauche au pouvoir revient à une vieille technique : diaboliser le Front National. C’est le traditionnel positionnement moral : le FN, c’est le mal. En vérité, avec ces propos, l’Elysée, Matignon, et le parti socialiste n’espèrent pas récupérer des électeurs de l’extrême droite. Ils veulent surtout mobiliser les électeurs de gauche abstentionnistes. Car ce  sont eux, dans les chiffres, qui font perdre les élections au PS. 

La réaction de Martine Aubry à la mi-journée vient de rappeler que cette technique dépasse la simple stratégie électorale. La maire de Lille est venue se rappeler au bon souvenir de l’exécutif. On se trompe de réponse au Front National, a-t-elle dit. "Il ne faut pas avoir peur… il faut combattre… " C’est la réponse directe à la peur de Manuel Valls.  Et là, c’est une toute stratégie que déploie Martine Aubry, qui, comme beaucoup d’autres à gauche pense que la diabolisation du Front National a été un échec et que ça ne marche plus. La seule solution pour eux, c’est de répondre à la colère des français. Et la colère des français, selon la gauche du PS, et la gauche de la gauche est provoquée par la politique du gouvernement. Dans ce combat contre le FN, nous retrouvons donc tous les ingrédients de la division de la gauche, entre les sociaux-démocrates et une autre gauche qui se cherche encore. 

 

Un avant-goût de ce qui va se passer après les élections ? 

 

Après le scrutin des départementales, deux phénomènes vont se produire : le premier, c’est que le FN va passer d'un élu aujourd’hui à une centaine d’élus et le FN va tenter de semer le trouble dans la désignation des Présidents de conseils départementaux. C’est le fameux troisième tour. Tous ceux qui auront diabolisé le Front National pourront s’indigner de plus belle. Ils sont donc en train de semer...

Deuxième phénomène post-élection attendu : la recherche de responsable de la déroute à gauche. Pour une minorité au PS, et pour la gauche de la gauche, encore une fois, ce sera la politique du gouvernement. En revanche, pour les responsables du parti socialiste et le gouvernement, ceux qui auront provoqués cette déroute électorale seront ceux qui, à gauche, auront créé la division.  En ligne de mire… les écologistes et leurs nombreuses alliances avec le parti de gauche.  Manuel Valls, après avoir dit qu’il avait peur, pourra dire qu’il avait prévenu. Lutter contre le FN, c’est donc aussi une façon de préparer les lendemains d’une défaite annoncée…

 

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