L'indignation accusatrice après la mort de Clément Méric

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L'indignation est unanime après la rixe qui hier soir, près de la gare Saint Lazare a conduit à la mort de Clément Méric, un militant d'extrême gauche de 19 ans, étudiant à Sciences Po. Du Sénat à l'Assemblée nationale, du FN au Front de Gauche.. et jusqu'au sommet de l'Etat.. les élus de tous bords ont réagi très rapidement... parfois peut-être un peu trop vite..

Clément Méric était en état de mort cérébrale depuis
quelques heures, et déjà il était le symbole de la violence meurtrière de l'extrême
droite. L'altercation est révélée vers 23
heures, par le Parti de gauche, qui dans un communiqué accuse :
"l'horreur fasciste vient de tuer en plein Paris ".

D'après ce communiqué, ce jeune militant a été "frappé
au sol par un groupe de plusieurs militants d'extrême droite". Le Parti
de gauche "interpelle le ministre de l'Intérieur" et exige la
dissolution des groupes d'extrême droite. En quelques phrases, tout est dit .

Tout est dit du débat politique qui va s'emballer. D'un coté, des militants d'extrême gauche victimes, de l'autre
les groupuscules d'extrême droite violents et meurtriers.

Notre vie politique ne supporte ni la nuance, ni la
prudence. Elle ne se reconnaît que dans le manichéisme.

Le Front de gauche accuse l'extrême droite, le Front
National, et même les socialistes. Dans un tweet, Jean-Luc Mélenchon appelle ses sympathisants
à "se tenir à l'écart du PS qui a trop assimilé le Front de gauche à l'extrême
droite".

Les socialistes s'indignent d'un bloc. Le premier secrétaire
parle d'un jeune homme lynché. Harlem Désir évoque l'action de ces groupuscules
durant les manifestations contre le mariage pour tous.  Le numéro un socialiste cite le Front National,
mais l'UMP, qui participait à ces défilés se méfie d'un amalgame qui pourrait l'atteindre. Jean-François Copé le président de l'UMP dénonce un acte
barbare, se prononce en faveur de la dissolution de ces groupes, et met en
garde contre les "manipulations" opérées à des fins politiciennes.

Jean-François Copé ne
cite pas le PS, mais ce soir, la défiance est évidente entre le PS et l'UMP...

Manuel Valls a aussitôt
évoqué "la marque de l'extrême droite qui met gravement en danger le
pacte républicain". La gauche accuse l'extrême droite et suggère un climat, certains
propos qui seraient propices à la progression de la "violence brune"
selon l'expression de l'un des porte-paroles du PS. Et même si les socialistes ne désignent pas l'UMP, l'UMP sent
venir la prochaine étape, qui est la mise en cause d'un discours de
banalisation, de radicalisation, dont le mouvement serait rendu responsable. L'accusation ne serait pas nouvelle.

La défiance est forte y compris entre le PS et le Front de
gauche de Jean-Luc Mélenchon. Sur son blog, le coprésident du Parti de gauche estime que "l'impunité"
de ces groupes est "le fait d'un ministre de l'Intérieur intéressé à
manipuler l'opinion, en laissant agir ces groupes, pour discréditer les
manifestations dans lesquelles ils se nichent".

Autrement dit, Manuel Valls aurait laissé prospérer ces groupuscules
d'extrême droite pour discréditer la droite opposée au mariage pour tous.

La défiance est généralisée.

Qu'est-ce que ca
révèle du climat politique ?

Cela révèle une crise démocratique pour le moins. Chacun s'accuse de ne pas respecter les règles du débat et du
combat politique. Cela révèle aussi une radicalisation des discours. Et puis enfin, il y a la précipitation avec laquelle les responsables
ont aussitôt jugé et interprété cette mort, en désignant immédiatement un seul
et unique responsable. Comme si toute chose, y compris la violence politique, se
résolvait par la désignation d'un seul coupable, qui exonérerait tous les
autres acteurs du débat démocratique.

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