L'avenir de la planète... et de François Hollande

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La COP 21 est un rendez-vous pour la planète. Les négociations ont débuté aujourd’hui à Bonn en Allemagne en vue du grand raout mondial à Paris en décembre prochain. Mais ce n’est pas seulement un rendez-vous pour la planète, c’est aussi un enjeu très politique.

François Hollande a décidé de faire de la COP 21 un rendez-vous majeur de son quinquennat et donc un enjeu politique. La France accueille ce rendez-vous et a bien sûr un rôle à jouer. François Hollande a très tôt donné beaucoup d’importance à la COP 21 et a même décidé de prendre des risques sur ce sujet. Tout cela n’allait pas de soi au premier regard : François Hollande est un converti très récent à l’écologie. Il a pris conscience depuis un an et demi seulement de l’importance du réchauffement de la planète. Il a été aidé en cela par Nicolas Hulot. L’homme d’Ushuaïa a converti trois présidents d’affilée à l’écologie : Jacques Chirac avec "la maison qui brûle ", Nicolas Sarkozy avec le Grenelle et enfin François Hollande avec la COP21.

Engagement sincère ou calcul politique ?

La sincérité est une chose impossible à mesurer en politique. Il y a certainement un fond sincère mais c’est une bonne cause  qui peut aussi être un bon calcul.

Cette COP21 va rythmer toute l’année 2015, une année plutôt pauvre pour l’exécutif. Les principales lois, la loi Macron ou la loi sur le renseignement par exemple, sont passées ou en passe de l’être et ne sont plus des enjeux. François Hollande rythme donc son année avec des célébrations mémorielles, comme la semaine dernière au Panthèon, et des rendez-vous pour la COP21. A la fin de l’année, il faudra faire le compte de tous les déplacements que le chef de l’Etat aura fait en France et à l’étranger sur le sujet.

A Cuba, par exemple, il a parlé avec Fidel Castro entre autres du climat. Jeudi, il consacrera sa journée à Marseille à ce sujet. Comme pour la diplomatie, comme les guerres que mène la France dans le monde, comme pour la célébration de notre histoire, la COP21 participe à la construction de sa stature de Président.

Une stratégie sans risque ?

Il y a  le risque que tout cela termine en flop, que cette conférence climat débouche sur un fiasco. Des ministres, hors micro, s’interrogent ouvertement sur les chances d’avoir tous les pays du monde qui tombent d’accord. Le défi est double, tout le monde doit tomber d’accord sur un objectif de réduction des rejets de gaz à effet de serre et sur un objectif d’aide aux pays qui souffrent du réchauffement climatique.

François Hollande applique pour la COP21 ce qu’il fait avec tout, il est résolument optimiste. Mais entre un grand succès et un échec retentissant, une troisième voix se dessine. Les ambitions affichées commencent à baisser ou à être reformulées de manière différente. Plutôt que de buter sur des objectifs trop précis, qui permettraient de parler d’échec si la communauté mondiale n’y arrive pas, des experts parlent déjà d’un accord qui pourrait-être revu régulièrement. On parlerait alors de la conférence de Paris comme d’un nouveau point de départ, forcément historique, d’une nouvelle ambition pour le climat. Une façon comme une autre de s’en sortir…

Pendant que Laurent Fabius bataille en Allemagne, Ségolène Royal pousse cet après-midi dans le journal Le Monde pour changer de méthode de négociation. La ministre de l’écologie veut que les chefs d’état et de gouvernement s’impliquent beaucoup plus dans le processus de l’ONU. La COP 21 est donc aussi un enjeu de politique intérieure, et c’est François Hollande qui a décidé d’en faire un enjeu politique en France.

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