L'appel à la patience est-il une posture politique ?

Le chômage frôle le niveau record de 1997, avec 3 millions 187 000 demandeurs d'emplois sans activité. Le gouvernement s'attendait à ce mauvais chiffre, mais ce record augmente la pression sur les épaules de François Hollande, avant son intervention télévisée jeudi.

L'image la plus représentative du piège dans lequel est
enfermé le pouvoir hollandais est ce slogan de la manif pour tous ce week-end : 
"on veut du boulot, pas du mariage homo". Au début du mouvement contre le mariage gay, la question du chômage
était totalement absente des revendications. Avec l'aide de l'UMP, désormais plus présente dans le
cortège, le discours de ces opposants s'est affiné. En opposant cette évolution sociétale à un besoin social,
les opposants font coup double. Ils installent leur action dans la durée, et donnent
implicitement le sentiment que le gouvernement privilégie l'enjeu du mariage pour
tous, à celui du chômage.

Autrement dit, le sentiment que le gouvernement au mieux, se trompe ;
au pire, manipule les français.Dans tous les cas, il apparait impuissant afec au chômage. 

 

C'est donc un
argument assez redoutable.

Car le pouvoir est confronté à une hausse du chômage qui
parait inexorable. Elle dure depuis 22 mois sans interruption. Les mesures prises depuis 10 mois ne parviennent pas à
enrayer cette courbe. François Hollande osera-t-il dire que ce n'est pas
surprenant ? Car certains ministres y insistent : les mesures du gouvernement
Ayrault n'ont absolument pas donné leur mesure. Les emplois d'avenir démarrent tout doucement. 15 000 lors
de ce premier trimestre 2013. Le gouvernement en espère 100 000
à la fin de l'année. Pour cela, il faut que le rythme s'accélère. Les contrats de génération ne sont entrés en application que
la semaine dernière. Le pacte de compétitivité est à peine lancé. Quant à l'accord entre partenaires sociaux, sur le marché du
travail, il n'a pas encore été transformé en loi par les parlementaires. Pourtant dans l'esprit des français, c'est comme si toutes
ces mesures faisaient partie du paysage depuis plusieurs mois.

D'où l'impatience, et
la déception vis-à-vis de François Hollande, au plus bas dans els sondages.

Et l'on touche la grande limite de l'action politique de François
Hollande. Le président ne s'est jamais présenté comme un meneur d'homme, un
chef de guerre qui entraine ses troupes. Après Jacques Chirac ou Nicolas sarkozy, qui avaient fait
rimé discours et action politique, François Hollande apparaît démuni. Quand Jacques Chirac parlait, quand Nicolas Sarkozy s'exprimait,
leur parole avait valeur d'acte, et engendrait des vertus énergisantes. Non seulement parce qu'elles étaient
relayées par leurs troupes, mais aussi parce que ces deux hommes incarnaient un
certain volontarisme qui entrainait la confiance, et la patience des français. Le style de François Hollande est tout autre. Tout en
retenue, et en simplicité.

Ce n'est pas lui qui prétendra qu'il va aller  chercher
la croissance " avec les dents ". Personne ne le croirait d'ailleurs.

François Hollande préfère un ton mesuré qui ne nourrit pas
la patience. Or, comment convaincre les français qu'il est sur la bonne voie,
que le chômage finira par baisser, sans faire appel à leur patience ? Comment être optimisme dans un monde qui donne tous les
signes du pessimisme ? A l'Elysée, François Hollande consulte sans relâche, à la
recherche de cet élixir politique contagieux s'il en est.

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