Jean-Marc Ayrault s'adonne une fois de plus à la concertation

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Les consultations sur la remise à plat de la fiscalité voulue par le Premier ministre se sont poursuivies ce matin. Après les syndicats la semaine dernière, Jean-Marc Ayrault a reçu les responsables des groupes parlementaires. Dans un contexte tendu sur les questions de la fiscalité, Jean-Marc Ayrault s'adonne donc une nouvelle fois à la même méthode, celle de la concertation.

Un vrai ballet ce matin à Matignon. D'abord le
président de l'Assemblée, le socialiste Claude Bartolone, qui est simplement
sorti en souhaitant que le parlement soit parti prenante de cette fameuse remise
à plat. Et puis l'UMP, qui s'est déplacée en grand comité:  cinq parlementaires au total, qui estiment qu'il n'y a pas de de calendrier, de
méthode, ni de cap. Même si tous sont d'accord pour pointer le problème de
consentement à l'impôt.

Constat partagé pour le coup par le gouvernement, le Ministre de l'économie avait même on s'en souvient évoqué le " ras le bol fiscal
des Français". D'où cette idée de remise à plat. Pour l'UMP il faut baisser les impôts, mais les
députés et sénateurs de droite écoutés ce matin ne se sentent pas entendus.
L'ancien Premier ministre François Fillon publie d'ailleurs une tribune dans le
monde pour dénoncer un débat " qui frise l'amateurisme ", ce sont ses mots.

Mais le débat est là. C'est ce que Jean-Marc
ayrault s'emploie à montrer avec ces concertations. La même stratégie qu'avec
l'écotaxe, mais aussi avant les retraites, l'aéroport de
Notre-Dame-des-Landes. Des réunions qui permettent de prendre du temps,
d'essoufler les polémiqes, d'éteindre les braises.

Mais cette annonce de la réforme de la fiscalité est
apparu un peu soudainement tout de même ?

Oui, c'est une manière de désamorcer la fronde
fiscale, d'offrir une réponse, face aux bonnets rouges notamment. Avec la réforme fiscale encore, les idées sont
entendues, notées. Chaque groupe est invité à suggérer des solutions. Et donc
à aller sur le fond, pas vraiment la place la plus confortable pour
l'opposition.

Le front de gauche y est d'ailleurs allé de sa
proposition ce matin. Demandant la supression de la hausse de la TVA annoncée
pour janvier. Elle touche les ménages modestes et le chef de file des députés
communistes annonce d'ailleurs que son parti va organiser des états-généraux de
la fiscalité afin d'établir un contre-projet. Et les consultations ne sont pas finies, les élus
locaux seront eux aussi reçus par le premier ministre qui rencontrait les
parlementaires socialistes cet après-midi. Pour parler " méthode plus que sur les
solutions " explique Jean Marc Ayrault qui précise " L'important, c'est de se
mettre tout de suite au travail " .

Le Premier ministre devrait annoncer dans la foulée
un calendrier, et les premières mesures d'ici le milieu de l'année prochaine.
Elles seraient ensuite mises en place dès 2015. D'ailleurs François Hollande explique que la réforme
prendra du temps, que le processus se déroulera tout au long du quinquennat.

Et justement, quelle place à le Président de
la République là dedans ?

François Hollande est d'accord avec l'initiative de
son premier ministre. Un poids lourd du gouvernement explique cependant qu'à
" un moment où à un autre, le Président de la république devra sortir sur ces
questions de la fiscalité ". D'ailleurs c'est lui qui détient le
calendrier. Un peu perfide, le socialiste ajoute: " Sur la
fiscalité, est-ce au Premier ministre de bouger ? Je pose la question: " Une
nouvelle fois, Jean-Marc Ayrault applique sa méthode, qui jusque là lui a plutot
réussi. Il prend un risque, si ça ne marche pas.  Mais si ça fonctionne, le
risque serait alors pour le chef de l'état s'il reste trop discret... Celui
d'avoir un Premier ministre qui s'en sorte mieux que lui.