Grèce : l’exécutif monte au front

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La France en première ligne aux côtés de l'Allemagne depuis dimanche et le non au référendum grec. François Hollande notamment est omniprésent : rencontre avec Angela Merkel suivie d'une allocution commune à l'Elysée, sommet de la zone euro à Bruxelles précédé d'un entretien à trois Hollande-Merkel-Tsipras... Le chef de l'Etat est sur tous les fronts sans oublier de communiquer.

L'Elysée a opportunément diffusé quelques photos de ses entretiens téléphoniques de dimanche, entretien notamment avec le Premier ministre grec juste après les résultats du référendum. François Hollande, sans veste ni cravate était alors entouré de Manuel Valls et de ses principaux conseillers. Des caméras ont également pu faire un tour de table des discussions avec la chancelière allemande lundi. Bref, si François Hollande occupe la scène, l'Elysée soigne aussi la mise en scène.

François Hollande veut "mouiller la chemise"

Il ne joue pas un rôle de simple facilitateur entre Athènes et Bruxelles d'après l'entourage du chef de l'Etat, plutôt un rôle de moteur de l'Europe. "Le moment est important ", le président de la république a décidé "de mouiller la chemise " explique un conseiller visiblement satisfait des résultats : "il a obtenu d'Angela Merkel qu'elle vienne lundi à l'Elysée, il a convaincu ses partenaires d'organiser un sommet de la zone euro le lendemain "... Bref, toujours selon ce collaborateur, "il a su recréer les conditions du dialogue alors que l'humeur était plutôt à la rupture dimanche soir, à la sortie de la Grèce de la zone euro "...

Cet optimisme ne convainc pas l'opposition

"Le chef de l'Etat est à la remorque de l'Allemagne. On est loin du couple Merkozy " assurent ses détracteurs. Mais la droite n'a pas le monopole de la critique : la gauche de la gauche reprend des couleurs. Elle réclame à nouveau une réorientation de la politique économique européenne vers une Europe moins libérale, plus solidaire. La demande émane des communistes, des écologistes mais aussi des frondeurs qui souhaiteraient un nouveau débat franco-français sur les choix du gouvernement. "Ridicule " répond un proche de François Hollande. "On est là pour défendre la France ", dit-il, "pas pour préparer un nouveau congrès du PS ".

Manuel Valls hérite lui d'un débat parlementaire

Plutôt discret depuis dimanche, Manuel Valls est lui aussi sous la lumière depuis mardi matin mais un peu plus loin des projecteurs. Interview radio, déclaration après la réunion des députés socialistes, c'est lui qui a annoncé la tenue d'un débat sur la Grèce à l'Assemblé mercredi. Ce sera un débat sans vote mais où il sera en première ligne. A François Hollande la diplomatie européenne, à Manuel Valls sa déclinaison franco-française. La répartition des rôles classique entre un président de la république et son Premier ministre. Il s'agit de montrer que tout l'exécutif prend la crise grecque très au sérieux, car l'enjeu est double pour le gouvernement : diplomatique et économique bien sûr en cas de sortie de la Grèce de la zone euro, politique aussi avec la crainte de raviver les blessures de 2005 après le non à la constitution européenne. Celles d'un pays profondément divisé entre europhiles et eurosceptiques.