Front national, le temps des semences

Marine Le Pen prendra la parole place de l'Opéra ce mercredi, en conclusion du défilé du 1er mai. A mi-chemin, entre l'élection présidentielle et le scrutin municipal, la présidente du Front national entend marquer une progression qu'elle a voulue discrète mais inéluctable, à ses yeux.

17% à la présidentielle. Le score était encourageant, et Marine Le Pen s'est sentie...
encouragée. Mais à la différence de son père, qui s'extasiait toujours très
bruyamment de ses réussites, quitte à alerter ses rivaux, sa fille préfère une
stratégie plus discrète. Marine Le Pen a mesuré l'échec électoral auquel a conduit la
diabolisation de Jean-Marie Le Pen.

Depuis lors, elle s'efforce de mener le
parti sur le chemin de la respectabilité, en clamant  sans relâche son attachement aux principes républicains. Cette posture est bruyamment adoptée par Marine Le Pen.

 

Plus discrètement,
elle mène une autre stratégie, beaucoup moins spectaculaire, mais destinée à être
payante, aux municipales, notamment.

Marine Le Pen  revient
à d'autres fondamentaux du Front National. Ces règles essentielles ont construit sa réussite
dans le sud-est, dans les années 90. Le Front National avait su opérer un maillage des quartiers
populaires, un peu délaissés par le parti communiste. Le Front National offrait un lieu de rencontre, un lien
social à des populations, qui se sentaient abandonnées par les partis
traditionnels. Ces réseaux, organisés par Bruno Mégret, avaient formé une
génération de cadres qui structuraient le parti. Mais cette organisation a explosé
au moment de la scission fin 98. Ce manque de relais structurés dans le pays avait pesé sur Jean-Marie
Le Pen, notamment en 2007.

Marine Le Pen a
retenu la leçon...

Et cela d'autant plus, qu'elle n'entend pas rester en
lisière du pouvoir, mais bel et bien l'exercer. Bruno Mégret partageait cette ambition, mais à l'époque de l'ancien
délégué général du parti de Jean-Marie Le Pen, le Front National était
demandeur. Il sollicitait une alliance à la droite qui pouvait le regarder de
haut. Aujourd'hui, Marine Le Pen en est persuadée, le rapport de
force est modifié. La présidente du mouvement l'a confié récemment à Nice Matin : 

"l'UMP
a largement plus intérêt à se montrer gentil avec nous, que l'inverse".

Dans ce nouveau rapport de force réside l'ambition de Marine
Le Pen aux municipales. Elle entend former des cadres, des relais sur le
terrain partout en France, quitte à ce qu'ils siègent dans l'opposition
communale. Ils seront autant de représentants identifiables par les électeurs, mais
également par les élus, tentés par une alliance, qui l'emporte  sur la gauche. Peu importe à Marine Le Pen que ces tractations n'aboutissent
pas aux municipales de 2014, elle sème pour les élections nationales de 2017.

Dans cette optique, demain, les maitres-mots de la
présidente du Front national seront " rassemblement " et " concorde ".
C'est dire le chemin parcouru...

 

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