Des affaires obscures peuvent-elles éclairer la vie politique ?

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Nouvelle affaire donc, avec les révélations de l’avocat Robert Bourgi. Il raconte avoir fait passer des valises de billets venues d’Afrique à Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Robert Bourgi a ensuite rejoint Nicolas Sarkozy, sans poursuivre, selon lui, ce mode de financement occulte. _ Des révélations qui ne relèvent pas le niveau de la vie politique...

Que va-t-on retenir de ces révélations en cascade ?
Que de l’argent occulte circule facilement, dans les hauts lieux du vouloir.
Des millions venus par valises entières, de pays africains qui en auraient eu bien besoin et destinés à un circuit illégal, secret, mais connu des initiés.
Derrière ces aveux, (car Robert Bourgi avoue avoir été porteur de valises) il y a le souvenir de la cassette Méry.
Du nom de Jean-Claude Méry, promoteur immobilier qui disait, dans cet enregistrement posthume, avoir remis 5 millions de francs en liquide à Jacques Chirac.
Un souvenir qui ne décrédibilise pas le témoignage de Robert Bourgi, au contraire.

Mais Robert Bourgi va être poursuivi en diffamation, par Jacques Chirac et Dominique de Villepin, qui démentent formellement.

Oui, ils démentent, mais le mal est fait.
La question est de savoir à qui profite cette affaire.
Un peu à Robert Bourgi, qui en avouant ces pratiques passées, prend le statut de témoin repenti.
Beaucoup à Nicolas Sarkozy, estime la gauche, qui est persuadée que la querelle entre chiraquiens et balladuriens est toujours d’actualité.
Ce qui reste à prouver.
Dominique de Villepin a carrément un genou à terre avec le procès Clearstream, et une candidature à la présidentielle qui s’étiole.
Les sondages ne sont pas enthousiasmants, la liste de ses soutiens se réduit comme peau de chagrin.
Ce nouveau coup porté à Dominique de Villepin parait assez superflu.
D’autant que Nicolas Sarkozy ne sort pas forcément grand gagnant de cette affaire Bourgi.

Ces révélations pourraient poser des problèmes à Nicolas Sarkozy ?

Claude Guéant, ministre de l’Intérieur et ancien secrétaire général de l’Elysée l’a confirmé ce matin, Robert Bourgi a évoqué ces questions de financement avec Nicolas Sarkozy…
L’avocat a expliqué qu’en 2005 il avait tout raconté au futur chef de l'Etat, qu’il avait rejoint, sans pour autant poursuivre le système des mallettes.
Ce que conteste un ancien conseiller de Jacques Chirac.
Claude Guéant dit se réjouir de la version de Robert Bourgi sur ce point, à la différence que, selon le ministre de l’Intérieur, cette évocation de financements occultes, s’est faite en termes très généraux.
Sous entendu, pas de quoi en faire une affaire.
Ce n’est pas sûr, rétorque en substance le socialiste Laurent Fabius : l’autorité publique informée d’un crime ou d‘un délit, doit informer la justice.
Tout cela n’est donc pas forcément à l’avantage de Nicolas Sarkozy.

Les socialistes et la gauche pensent donc tirer profit de cette affaire ?

Ils peuvent le penser, en se disant que ce qui dessert la majorité leur rend service. Mais pour cela, il faut que les socialistes démontrent leur capacité à incarner une nouvelle morale de la politique.
Les années Mitterrand ne sont pas complètement oubliées.
Les centristes ont trop fréquenté le pouvoir pour être totalement préservés des éclaboussures.
Le Front National a souvent été le premier à tirer profit de ce genre de situation, qui renvoie les partis de pouvoir dos à dos.
Mais voilà que ce soir, Robert Bourgi apporte une nouvelle révélation :
Omar Bongo, l’ancien président gabonais, aurait financé la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen en 1988.
Si elles se vérifient, ces révélations ne rapportent donc pas à grand monde en politique.
Si elles se démentent, elles auront quand même fait du tort à pas de mal de monde.

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