Dernier débat avant vote au PS

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Ils sont encore six ce soir, mais dans une poignée de jours, ils ne seront plus que deux, face aux électeurs de gauche. Dernier débat de la primaire socialiste ce soir, un débat annoncé comme décisif.

C’est le dernier débat, donc celui de la dernière chance, pour ceux qui veulent bouleverser l’ordre établi.
A commencer par Martine Aubry.
L’ancienne première secrétaire n’a pas réussi, jusqu’à présent, à combler son retard par rapport à François Hollande.
Elle n’est pas parvenue à tirer profit de sa position de numéro 1 du parti.
Au contraire, Martine Aubry a donné le sentiment d’avoir du mal à passer du « nous » au « je ».
Car même si elle affirme s’investir personnellement, dans cette démarche présidentielle, l’ancienne première secrétaire est celle qui a le plus de mal à dépasser le projet collectif.

Une autre qui veut renverser la table, c’est Ségolène Royal.

L’ancienne candidate socialiste de 2007 croit en sa capacité à créer la surprise. Pour cela, il faut qu’elle bouscule l’ordre établi.
Or, la manœuvre est risquée.
Jusqu’à présent, le succès de la primaire tient au fait que ces débats ont été de bonne tenue. Des différences sont apparues, mais sans marquer des divergences irréconciliables entre les prétendants.
Si Ségolène Royal ou Martine Aubry forcent le trait au point de paraître jouer contre leur camp, elles n’y gagneront rien au contraire.
Mais si elles se cantonnent à une redite de leurs discours précédents, elles laissent l’avantage à François Hollande.

Lequel, à force d’être désigné comme le favori, est celui qui a le plus à perdre.

Les sondages lui sont favorables. Mais les sondages agacent bien des socialistes. Personne ne connaissant à l’avance la composition du corps électoral de cette primaire ouverte au-delà du PS.
François Hollande ne doit pas être le lièvre de cette course, il ne doit pas être arrogant, mais en même temps, il tient à entretenir son image de candidat déjà au dessus de la mêlée.
Sans renverser la table, il ne doit pas non plus donner le sentiment de ne rien avoir à dire.
Ses contradicteurs accusent un tempérament trop consensuel, et François Hollande doit montrer qu’il est à la fois serein, et offensif.

Reste Arnaud Montebourg et Manuel Valls.

Au premier la gauche du parti, au second sa droite.
Ils sont les seuls à pouvoir revendiquer une opposition sur le fond qui ne soit pas belliqueuse.
Ils ont d’ores et déjà gagné leur positionnement pour la suite, jusqu’en 2017.
Ils ne leur reste, ce soir, qu’à surfer sur ce mouvement.

Partition assez facile aussi pour le radical Jean-Michel Baylet.

C’est le seul qui n’appartienne pas au Parti Socialiste. Il a trouvé son créneau, grâce à une faconde aussi aimable que son accent du sud ouest, il tient son rôle, en évitant un débat socialo-socialiste.
Il contredit, s’oppose ou ose (comme sur le cannabis), Jean Michel Baylet a gagné une notoriété et un poids électoral qui sera bienvenu lors des discussions pour les législatives de 2012.

A priori donc, ce débat ne devrait pas déroger à la règle établi lors des précédents.

La prise de risque est trop importante, et trop personnelle aussi.
Dans le contexte ambiant, avec une majorité qui parait assez mal à l’aise, la pire faute qui soit au PS serait de jouer perso.
Alors que la bonne tenue de cette primaire est un atout pour les socialistes.
Ce soir d’ailleurs, le Premier ministre François Fillon estime que c’est un « processus moderne qui convient à droite comme à gauche ».
François Fillon lorgne plutôt la prochaine municipale à Paris.

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