Comment François Hollande a démissionné Faouzi Lamdaoui

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La question se pose après le départ de Faouzi Lamdaoui, le conseiller égalité et diversité du chef de l’État a remis aujourd’hui sa démission. Il comparaîtra pour "abus de biens sociaux", "blanchiment d’abus de biens sociaux" et "faux et usage de faux".

Et cette convocation par la justice est tout mais absolument tout sauf une surprise. En effet, l’histoire remonte à 2007, ça n’a rien à voir avec la politique et ce que l’on sait depuis presque deux ans. C’est que la justice enquêtait sur cette affaire et qu’elle allait amener à ce procès. Quand nous interrogions l’entourage du chef de l’État ces derniers mois et ces dernières semaines, Ils étaient nombreux à se demander pourquoi Faouzi Lamdaoui ne quittait pas l’Elysée ou n’était pas remercié. Certains, parmi les plus proches de François Hollande avaient même suggéré au chef de l’État de s’en séparer. Il y a eu plusieurs occasions pour que cela ne se voit pas trop. En avril,au moment du remaniement, au gouvernement et à l’Elysée, puis encore à la rentrée, un changement de conseiller par exemple quand Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Aurélie Filipetti ont été débarqué du gouvernement, serait passé totalement inaperçu.

Mais non, il ne s’est rien passé, Et ce soir, cela se voit Faouzi Lamdaoui n’était pas franchement connu. La seule chose à savoir est qu’il a été le chef de cabinet de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012.

C’était l’homme à tout faire et qui a vu beaucoup de choses.

Un énième nom sur la liste 

Le nom de Faouzi Lamdaoui vient s’ajouter sur une liste toujours plus longue : Jérôme Cahuzac, Yamina Benguigui, Aquilino Morelle, Thomas Thévenoud, Kader Arif. Ce ne sont pas les mêmes histoires mais dans plusieurs cas il y a les mêmes symptômes qui produisent les mêmes effets. Dans le cas le plus célèbre, celui de Jérôme Cahuzac, le départ du ministre au budget a été très long. Pour la Secrétaire d’état Yamina Benguigui même chose Aquilino Morelle. C’est le conseiller spécial qui avait un contrat avec un labo pendant qu’il travaillait avec l’inspection générale des affaires sociales et qui se faisait cirer ses pompes à l’Elysée. Aquilino Morelle a mis plusieurs semaines à quitter l’Elysée et il va bientôt sortir un livre en librairie car il n’a toujours pas digéré son départ. Kader Arif, le secrétaire d’État aux anciens combattants a démissionné il y a quelques semaines alors qu’il aurait très bien pu quitter le gouvernement au moment d’un remaniement quelques semaines plus tôt. 

François Hollande a scellé le sort de Faouzi Lamdaoui 

Pour qu'une démission intervienne, il y a plusieurs mécanismes, le chef de l’État attend généralement d’avoir plus que des soupçons. Il veut des aveux ou la preuve avant de trancher. Ça va dans le sens de la présomption d’innocence et c’est plutôt louable. Mais François Hollande ne fonctionne pas selon ce seul principe. Cela a déjà été très souvent décrit, et ses amis, comme les ministres, le racontent régulièrement. Le chef de l’État a la décision compliquée. Il choisit soit parce qu’il n’a plus de choix, d’alternative, soit parce qu’il tente la fameuse synthèse qui lui a permis de faire toute sa carrière politique.

Et ça nous amène à la dernière explication : François Hollande quand il se retrouve face à des collaborateurs qui résistent est dans un premier temps bien embêté. Il préfère que l’idée de partir devienne une évidence pour ceux qui doivent quitter l’Elysée ou le gouvernement plutôt que de les virer. Et là, c’est la question de l’autorité de François Hollande qui se pose, une question exploitée depuis le début du quinquennat par l’opposition. Faouzi Lamdaoui et les autres viennent donc alimenter cette chronique. La chronique d’un pouvoir, sans courage et sans autorité.

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