Avis de vague bleue

C'est le scénario noir pour le gouvernement et la gauche: la perspective d'une vague bleue, à l'issue du second tour des municipales, dimanche. Une vague bleue que l'UMP appelle évidemment au contraire de ses vœux. Chacun a sorti ses petites calculettes et, au final, le PS et ses alliés pourraient perdre plus d'une centaine de villes...

La progression du Front National a un peu masqué cette
réalité du premier tour : l'UMP sort gagnante de cette confrontation.

Certes, pour la première fois, un maire Front National est
désigné dès le premier tour.

Le parti de Marine Le Pen est en mesure de l'emporter dans
une demi-douzaine de villes de plus de 10 000 habitants.

Pour le FN, l'essentiel est fait.

Avec un score supérieur à 14% dans les villes où il
présentait des listes, le Front National ne retrouve pas l'étiage de Marine Le
Pen à la présidentielle (17.9%), mais il a quand même d'ores et déjà réussi son
pari.

Le Front National n'est plus le parti d'une seule personne,
la fille de son fondateur, il est un parti qui organise le maillage du
territoire, avec des élus municipaux.

Des figures locales qui participeront à la banalisation du
mouvement d'extrême droite.

Le FN a
réussi son pari, et l'UMP va transformer l'essai.

La victoire de la droite est inscrite dans les résultats du premier
tour.

Sur le papier, l'UMP et ses alliés peuvent l'emporter dans une
centaine de villes de plus de 10 000 habitants.

La revanche sur la défaite de 2008 est acquise.

A l'époque, la gauche avait raflé 130 communes, elle en
perdait une quarantaine, ce qui se traduisait par un solde de 90 villes gagnées
par la gauche. Elle en reperdrait autant cette année, car ses espoirs de conquête
se comptent sur les doigts d'une seule main, avec Avignon, Dourdan, Bourges ou
Bayonne.

Tout indique donc que l'UMP pourra fortement crier victoire
dimanche soir.

La gauche
a-t-elle encore des raisons d'espérer, ou au moins de limiter la casse ?

L'analyse du scrutin montre que l'UMP et ses alliés ont progressé,
tandis que le score de la gauche s'amenuise.

La principale cause en est l'abstention. Les électeurs de
gauche se sont beaucoup plus abstenus que les autres.

Mais il est difficile de savoir à quoi est due cette
abstention en forme de sanction, que les enquêtes d'opinion n'avaient pas
vraiment prévue.

Est-ce la déception face à la situation économique, le ras le
bol face aux affaires, le manque de confiance vis-à-vis du pouvoir, ou l'expression
d'une lassitude ? passagère ou durable ?

Seul le second tour apportera des éléments d'explications à
ces questions auxquelles, quel que soit le résultat dimanche, le pouvoir en
place devra répondre.

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