Arnaud Montebourg succombera-t-il au théorème de Mesplede ?

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Arnaud Montebourg n’a toujours pas décidé du message qu’il adressera à ses électeurs demain. Il ne donnera pas de consigne de vote générale, mais peut choisir de faire connaître, ou pas, son choix personnel. La question tourne autour du théorème de Mesplede. Arnaud Montebourg y succombera-t-il ?

Le théorème de Mesplede, qu’est ce que c’est ? Mesplede c’est le surnom du spécialiste qui l’a élaboré…
C’est une théorie politique selon laquelle, face à un choix difficile et décisif, les responsables politiques appliquent souvent ce théorème, régi par la théorie de la dernière haine.
Quand trop d’argument se bousculent, quand il faut choisir entre deux anciens rivaux, ce qui fait pencher la balance, c’est une donnée toute humaine ou affective, la dernière haine.
Entre deux ennemis, ou anciens ennemis, le politique se détourne du plus récent.

Quelques exemples pour comprendre ?

Prenez Valéry Giscard d'Estaing en 1995. Qui choisir pour la présidentielle, entre Edouard Balladur et Jacques Chirac? tous les deux sont des RPR, des rivaux, des adversaires de toujours de l’ancien président de la République, fondateur de l’UDF.
Celui qui lui a fait le plus grand tort, c’est Jacques Chirac, qui en 1981, a indirectement aidé François Mitterrand à le battre.
Mais finalement Valéry Giscard d'Estaing soutient Jacques Chirac. Son ressentiment est plus fort, et plus récent, envers Edouard Balladur, qui lui a ravi l’UDF... puisqu’à l’époque les UDF ont rallié Edouard Balladur.
Un autre exemple plus récent, à Paris, Rachida Dati et Pierre Charron ont oublié leurs querelles passées pour exercer la même méfiance vis-à-vis du parachutage de François Fillon à Paris.

Alors au parti socialiste, le thèorème de Mesplede se vérifie-t-il ?

Il peut expliquer, en partie en tout cas, le positionnement de Ségolène Royal en faveur de François Hollande.
L’ancienne candidate à la présidentielle n’a pas vraiment été convaincue en 2007 par l’efficacité du soutien du PS dirigé par François Hollande.
Mais plus récemment, elle se souvient de son différend avec Martine Aubry à Reims. C’est peut-être bien là, lors de ce Congrès, qu’elle a perdu et le parti, et sa légitimité à être investie candidate.
Dans ce cas, la dernière haine serait la plus forte pour choisir François Hollande.

Alors si l’on applique ce théorème, qui choisirait Arnaud Montebourg ?

Il faut revenir un peu sur le passé.
Arnaud Montebourg ne s’entendait pas du tout avec Lionel Jospin, qui le lui rendait bien. Le héraut de la 6ème république n’avait de cesse de pourfendre les concessions du Premier ministre vis-à-vis du Président Chirac, que lui, Arnaud Montebourg, voulait renvoyer devant la haute cour de justice.
François Hollande, premier secrétaire du PS de Lionel Jospin faisait partie de cette opprobre montebourienne.
Mais depuis, des proches de l’un ont rallié l’autre, et les deux hommes ont pris langue. La rancœur s’est effacée.
Du coté de Martine Aubry, l’ancien première secrétaire, il y a un loup qui s’appelle Jean Noël Guérini. Ce PS là a été trop indulgent au yeux de monsieur 17%.
Le théorème de Mesplede, celui de la dernière haine le conduirait donc à choisir François Hollande, à titre personnel bien sûr.

Car sa base est plutôt en faveur de Martine Aubry.

Le ton offensif de Martine Aubry séduit à la gauche du PS, d’autant que le courant Hamon est à ses cotés.
Ce qui, à titre personnel, peut ralentir le pas d’Arnaud Montebourg vers l’ancienne première secrétaire. Il peut craindre de se retrouver un peu noyé dans la masse.
Alors Arnaud Montebourg hésite. De toute façon il ne donnera pas de consigne de vote. Ses électeurs sont libres, avait-il dit dès mardi.
Rendre public son vote personnel, pourquoi pas.
Mais s’il attend trop Arnaud Montebourg prend le risque de subir, ou de se laisser porter par le cours des événements. C’est un autre choix politique.
Et là, le théorème de Mesplede est neutralisé.

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