Arnaud Montebourg relance le débat sur l'austérité

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"Le sérieux budgétaire, s'il tue la croissance, n'est plus sérieux", juge le ministre du Redressement productif dans un entretien au quotidien le Monde daté de demain. Une formule destinée à relancer le débat sur l'étau des 3%, que le gouvernement ne respectera pas cette année. Elle renforce la pression de l'aile gauche du PS sur les tenants d'une politique plus social-démocrate, mais la formule n'est pas forcément contradictoire avec les intentions de François Hollande.

"La politique d'austérité imposée par l'Europe est
rejetée par tous les peuples (...) elle nous entraîne collectivement dans une
spirale récessive. Il est temps d'ouvrir le débat sur cette politique qui conduit
l'Union à la débâcle". Arnaud Montebourg ne mâche pas ses mots. A l'entendre, l'heure est venue de réorienter l'Europe, vers
une approche beaucoup moins libérale. Le chantre de la démondialisation, lors de la primaire
socialiste, retrouve les accents qui avait fait de lui le héros de l'aile
gauche du PS et au-delà. A première vue, le contexte semble propice aussi pour une
inflexion de la politique du gouvernement...

Car le constat d'Arnaud
Montebourg semble partagé par François Hollande.

Effectivement. La semaine dernière, lors de son entretien au journal de France
2, François Hollande a tenu un discours assez semblable à celui de son ministre...

 

"Etre dans l'austérité, c'est condamner l'Europe à l'explosion.
Parce que je vois ce qui se passe en Europe. J'ai cette obligation de dire aux
européens : aujourd'hui, prolonger l'austérité c'est prendre le risque de
ne pas aboutir à réduire les déficits et la certitude d'avoir des gouvernements
impopulaires, dont les populistes ne feront qu'une bouchée le moment venu.
 "

François Hollande refuse donc l'austérité. Comme Arnaud
Montebourg. L'austérité conduit au populisme. François Hollande entend porter
ce message auprès de ses partenaires européens, et notamment l'Allemagne. Pays
avec lequel François Hollande reconnaît une "tension amicale". Le président
de la République estime être entendu sur ce point par L'Espagne, l'Italie, le Portugal,
ou la Belgique. Mais le propos de François Hollande n'est pas identique à
celui d'Arnaud Montebourg. Le chef de l'Etat distingue entre la rigueur, qu'il
revendique, et l'austérité, qu'il juge négativement.

"Que les pays européens soient dans l'obligation d'être
rigoureux, moi j'en conviens parfaitement. La France en premier. Mais être dans
l'austérité, non. Parce que être dans l'austérité c'est condamner l'Europe à l'explosion
."

François Hollande n'entend donc pas dévier de sa trajectoire
rigoureuse, même s'il entend, lui aussi, porter ce débat avec l'Allemagne. Le président  "refuse
d'ajouter l'austérité à la récession"
traduit le ministre de l'économie, Pierre
Moscovici, pour lequel "une politique de soutien à la croissance est
indispensable"
. Autrement dit, François Hollande s'en tient à son équation
personnelle, tenir la rigueur et tout en visant la croissance. 

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