Après le feuilleton UMP, le feuilleton Mittal

on ne peut pas traiter avec légèreté le feuilleton Mittal. Des centaines d'emplois sont en danger. Et l'on découvre que décidément, tout cela est bien plus compliqué que le gouvernement a bien voulu le dire.

Le journal Le Monde s'est procuré l'accord passé entre l'état et Mittal.
Première surprise : ça tient sur deux pages, ce n'est donc pas très long pour le résultat d'un bras de fer de plusieurs semaines.
Deuxième surprise : la hauteur des investissements.
Il y a bien selon le Monde le montant annoncé: 180 millions d'euros sur 5 ans.
Mais les investissements en dur pour pérenniser l'avenir du site ne sont en réalité que de que de 53 millions d'euros.
Le reste ce sont des investissements qui relèvent du fonctionnement normal qu'induits une installation sidérurgique comme Florange.

L'accord confirme également que le maintien de l'activité à Florange. se fera au détriment d'autres sites comme celui de Loire Atlantique.
On est loin  en découvrant ce document d'un accord gagnant/gagnant

Mais pourtant le gouvernement, après l'anicroche entre le Premier ministre et le ministre du redressement productif en fin de semaine dernière, le gouvernement semblait très satisfait de cet accord.

Oui, et encore, pas plus tard que cet après-midi à l'assemblée... devant les députés, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault défendait cet accord. Il devra être aussi convaincant avec les syndicats de Florange  demain.
Il les reçoit à Matignon et il risque de recevoir des gens en colère.
Jean-Marc Ayrault a plus à craindre de cette réaction là des syndicats et de l'extrême gaucheque de celle de l'opposition de l'UMP engluée dans ses affaires interne de présidence.
La preuve, le Premier ministre a ressorti l'argument imparable contre la droite, la disparition de Gandrange.
Mais comme Mittal a déjà joué des sorts à l'état français. En clair, comme le rappelle à souhait Arnaud Montebourg, qu'il n'a jamais tenu l'une de ses promesses!
Le gouvernement a aussi décidé de mettre en place un comité de suivi de l'accord de Florange

C'est un petit groupe de députés de la commission des affaires économiques qui va s'en charger. Ca viendra s'ajouter à la surveillance qui sera réalisée par pas moins de 4 ministres: Arnaud Montebourg, Michel Sapin,  Delphine Batho, et Geneviève Fioraso qui dit que: "Mittal est sous haute surveillance "

Et cette méfiance, cette défiance presque, à l'encontre de Mittal ne donne-t-il pas raison à Arnaud Montebourg?

Oui, c'est à se demander si ce n'est pas lui qui a fourni au Monde l'accord entre le gouvernement et Mittal!
Car le léger accord démontre que les menaces de nationalisation avaient des raisons d'être.
Et que cette menace peut-être toujours d'actualité. C'est en tout cas ce qu'aurait dit François Hollande à son ministre du redressement productif.
Apparemment le différent entre Arnaud Montebourg et le Premier ministre n'est pas complètement dissipé.

Ce midi, ils étaient tous les deux devant les députés socialistes pour la réunion de groupe du mardi, ils devaient afficher leur entente.
Seul problème, au moment de son arrivée, Arnaud Montebourg a serré toutes les mains sauf celle de Jean-Marc Ayrault et les députés ont trouvés l'ambiance glaciale.
Ils s'étaient peut-être vus avant mais les participants l'ont relevé.
Et puis c'est surtout une petite phrase de Jean-Marc Ayrault que tous les participants ont noté: Jean-Marc Ayrault a fait l'éloge appuyée du travail et du rôle d'Arnaud Montebourg dans le dossier Mitta avant d'ajouter: "Mais il faut des solutions réalistes et réalisables ".

Arnaud Montebourg n'a pas ouvert la bouche. Ca ne lui ressemble pas!
Il attend surement son heure, l'heure pour pouvoir dire, j'avais raison sur le dossier Mittal.
Malheureusement si la suite lui donne raison ça ne sera une bonne nouvelle pour personne.
Florange, sera devenu le Gandrange de la gauche...

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