"Life is Strange" le jeu vidéo à dos d'ados

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Le jeu vidéo ne se résume pas à des batailles ou des zombies. “Life is Strange”, un jeu vidéo français, tente le pari de la délicatesse pour dresser le portrait d’une adolescente qui le pouvoir de modifier le temps. Remarquable.

Tout commence dans "Life is Strange" par de furieux coups de tonnerre au bord d’une falaise. L’héroïne est au sol, frêle adolescente balayée par le vent et la pluie. Au loin, un phare que Max, c’est son nom, tente péniblement d’approcher. Et puis, dans un flash de lumière, retour en cours dans le lycée d’une petite bourgade américaine, avec ses archétypes : le prof séduisant, le sportif à midinettes, l’agent de sécurité malsain, l’arrogant fils de riche, un "Twin Peaks" lycéen en puissance. Après ce cauchemar, Max découvre qu'elle peut à loisir remonter le temps de quelques minutes et changer le cours des choses, ce qu’elle parvient à faire un peu plus tard en sauvant la peau d’une des élèves. Ce dont elle ne se doute pas encore, c’est de l’effet papillon que créent ces petits arrangements avec le temps. Faire le bien à court terme, ce n’est pas forcément réécrire l’avenir de la plus belle des manières.

Lenteur et contemplation," Life is Strange" , c’est l’adolescence comme rarement vu dans le jeu vidéo. Jouer avec le temps, jouer avec l’adolescence, entre saynètes de la vie quotidienne et séquences sous tension, le premier épisode de "Life is Strange" , qui en comptera cinq, s’impose immédiatement par sa grâce, sa nonchalance, son étrangeté liée à l'âge ingrat. On explore, on questionne, on enquête, on cherche et on se cherche, sans cesse poussé à faire des choix qui auront des conséquences bonnes ou mauvaises. On pense au style de David Cage, créateur français de jeux vidéo, on pense aussi au cinéma indépendant américain, à "Juno" mais aussi à "Elephant" de Gus van Sant, le tout mâtiné d’un fantastique sauce Stephen King.

Et ce qu’il y a de proprement miraculeux dans "Life is Strange" , c’est cette possibilité même de rejouer une part de son adolescence. Sans oublier une bande son toute de folk nostalgique vêtue. José Gonzalez, Angus & Julia Stone ou Syd Matters, deux heures de prologue envoûtant sur consoles et PC pour 5 euros, pas de quoi se priver. Prochain épisode en mars.  

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