Jeux vidéo. Les formidables rebelles sans cause de "Persona 5"

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Contre la corruption des adultes, "Persona 5" est un grand jeu sur l'âge ingrat où le cool se dispute aux coups.

C’est le temps des révoltes, des mauvaises peaux, des mèches rebelles et des premières fois.

L’adolescence lycéenne sert trop rarement de décor aux jeux vidéo

Pourtant, le teen spirit y fait souvent mouche. Nouvel exemple avec la sortie du jeu Persona 5 disponible sur consoles PlayStation 3 et 4. Persona 5 ou l’histoire d’un ado pas vraiment bien dans sa peau, rien que de très banal. Accusé d’un délit qu’il n’a pas commis alors qu’il voulait défendre la veuve et l’orphelin, il est envoyé à Tokyo chez un proche de la famille, tenancier d’un café sans le sou où le débarras sert de chambre de fortune.

Dans son lycée, l’accueil est au diapason et on lui colle vite l’étiquette de délinquant de la classe. Et comme si tout cela n’était pas suffisant, une mystérieuse application apparaît sur son smartphone. Elle lui ouvre les portes d’un monde parallèle, un univers magique et fantastique où les humains apparaissent tels qu’ils sont vraiment, une sorte de projection de leur esprit.

Et c’est peu dire que ce n’est pas beau à voir

Entre un ancien médaillé olympique de volley-ball devenu prof harceleur sexuel, un banquier voleur ou un politicien véreux, cette rébellion pas tout à fait sans causes trouvent dans ces métaphores de la corruption de parfaits adversaires. A l’assaut des pseudos chevaliers blancs, des tartuffes de l’exemplarité, des “faites ce que je dis, pas ce que je fais”, Persona 5 est le jeu où les drames ne peuvent plus être tus.

Et dans ce monde de magie et d’épées, le héros n’est pas seul dans son combat. Tout au long des jours que peut parfois prendre l’assaut d’un château véreux, une équipe se forme, un club où se mêle camarades de classe et animal fantastique. Le jour, le petit gang part tranquillement étudier ou draguer, la nuit, il se transforme en bras armés d’une justice expéditive.

Un mélange de romances et de confidences

Persona 5, ce n’est pas L'amant de Duras ou Rushmore de Wes Anderson, c’est plutôt le croisement de La Fureur de vivre avec Harry Potter et Diabolo Menthe. Un mélange de cool et de coups, de quotidien et d'extraordinaire, de romances et de confidences. Car pour restituer les émois de la vie lycéenne, Persona 5 se meut peu à peu en ode à l’amitié, à la vie à la mort, scénario gargantuesque et sensible, en anglais uniquement, un grand jeu sur l’âge ingrat.

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