Jeux Video. Iran : face aux sanctions américaines, des millions de joueurs doivent contourner les règles

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L'Iran, 80 millions d'habitants, compte 32 millions de joueurs de jeux vidéo qui doivent faire face à aux sanctions économiques américaines, des sanctions qui compliquent l'importation de jeux vidéo et de consoles.

L’Iran, c’est 32 millions de joueurs pour 80 millions d’habitants, selon la Fondation Iranienne des jeux vidéo et informatique. À titre de comparaison, on compte en France 36 millions de joueurs. Mais les joueurs iraniens sont soumis aux sanctions économiques américaines qui complexifient l’importation de nombreux produits dont le jeu vidéo. Les joueurs iraniens trouvent des parades, ce qui d'après Brice N'Guessan, directeur de la rédaction de Jeux Vidéo Magazine, peut préfigurer l'avenir de l'industrie vidéo-ludique.

franceinfo : Comment les Iraniens trouvent-ils des parades aux sanctions américaines ?

Brice N'Guessan : Des sociétés tierces se risquent à importer des jeux et des consoles et il est donc possible de se procurer, à Téhéran, les dernières consoles PlayStation ou Xbox. Mais évidemment, le prix des jeux comme du matériel est un frein. C’est la digitalisation du jeu vidéo depuis plusieurs années qui permet de se procurer les derniers titres.

Ce qui se passe en Iran illustre les limites du marché du jeu vidéo actuel qui est relié à l’achat d’un PC ou d'une console dernière génération.

Brice N'Guessan

Jeux Vidéo Magazine

Donc les Iraniens n'achètent plus de jeux physiques, ils privilégient les services en ligne ?

En effet, à la manière des abonnés Netflix, Canal Plus ou autres services de VOD qui se partagent leur compte, ici les revendeurs en font un business et proposent à plusieurs joueurs de cotiser pour se partager un compte afin de pouvoir jouer aux dernières nouveautés à moindre frais.

Et parmi les différents services utilisés par les joueurs iraniens, le Xbox Game Pass de Microsoft est un incontournable ?

Il faut pouvoir s’abonner, car évidemment Microsoft, société américaine, n’opère aucune transaction avec l’Iran, mais une fois cette épreuve passée, en effet, à 10 euros l’accès à 200 jeux jouables sur console ou PC, c’est incontournable. Il faut aussi posséder la machine qui fait tourner ces jeux. Ce qui se passe en Iran illustre les limites du marché du jeu vidéo actuel qui est relié à l’achat d’un PC ou une console dernière génération. C’est pourquoi Microsoft planche depuis des années sur la technologie xCloud qui préfigure le futur du jeu vidéo.

En quoi est-ce l’avenir ?

La technologie xCloud, c’est la possibilité de jouer aux jeux dernier cri sur n’importe quel appareil équipé d’un écran et une connexion internet. Inutile d’avoir une machine puissante ou la console dernière génération. Xbox propose déjà la technologie pour les téléphones Android, planche sur les appareils Apple et on a appris mi-février que des tests étaient effectués pour que l’on puisse jouer à partir d’un simple navigateur internet. De quoi ouvrir des perspectives pour Xbox qui n’aura pas besoin de vendre des consoles pour vendre des jeux dans les pays émergents ou en voie de développement.

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