Jeux vidéo. Grandeur et décadence du jeu vidéo

Deux livres viennent de paraître et dévoilent l'envers du décor de la production vidéoludique.

Le jeu vidéo est-il un paradis pavé de mauvaises passes ? Cette question résume deux livres qui viennent de paraître et qui dévoilent la face sombre de la production du jeu vidéo.

Jason Schreier est un journaliste américain spécialiste du secteur pour le site Kotaku. Dans son essai justement titré Du sang, des larmes et des pixels, il raconte dans le détail la fabrication de 10 jeux, 10 succès produisant autant de plaisir aux joueurs qu’il a fallu de douleur aux concepteurs pour l’enfanter. Souvent rocambolesques, ces épopées ne s’adressent pas à un public exclusivement féru de manettes.

Le jeu vidéo : l'autre pays du burn out

Jason Schreier conte la douleur de la création dans un secteur où l’on ne compte pas les heures supp, surtout lorsqu’on ne les paye pas. Le jeu vidéo, c’est parfois, pas toujours mais parfois, l’autre pays du burn out et des démissions en cascade. Loin des rêves que font les gosses.
Destiny par exemple, superproduction signée du studio américain Bungie poussée par l’éditeur Activision, a été remaniée jusqu’à l'épuisement des équipes, voir la disparition de certains participants au générique.  

De Diablo III à Uncharted 4 en passant par The Witcher III, le livre détaille également la vie de ces créateurs indépendants comme Eric Barone qui s’est enfermé chez lui pendant cinq longues années pour développer et peaufiner Stardew Valley, jeu de gestion doucement agricole. Avec le soutien indispensable de son amoureuse. Un destin à lire dans Du sang, des larmes et des pixels aux éditions Mana Books.    

Le jeu vidéo indépendant, c’est le sujet d'un autre livre, un beau et grand bouquin à la riche iconographie

300 illustrations, plus de 200 pages. Son titre : Indie Games, écrit par Bounthavy Suvilay et édité par Bragelonne. Depuis 2008, le jeu vidéo indépendant secoue le marché par son inventivité, sa générosité et son manque d’argent.

De What Remains of Edith Finch à Hollow Knight jusqu’à Monument Valley et Cuphead, des mécaniques de jeu à l’esthétique en passant par l'originalité des thématiques plus personnelles, plus émotionnelles et complexes parfois, ce jeu vidéo indépendant trouve dans Indie Games un bel écrin, un ouvrage non seulement bien documenté, mais écrit avec plaisir et qui dévoile l’arrière-ban de ce jeu vidéo si populaire et si méconnu.