Jeu vidéo : le "miracle" canadien attire (toujours) les français

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Un miracle qui attire toujours les français, jeunes ou moins jeunes. Le Canada, c'est le deuxième plus grand pays du monde par sa superficie, 15 fois l'hexagone, pour seulement 35 millions d'habitants. En France, nous sommes un peu plus de 65.000.000. Et il y a 10 ans, le jeu vidéo en France c'était 10.000 emplois directs. En 2013, ce serait plutôt 5.000. Il y a quinze ans, le jeu vidéo au Canada, c'était pas grand chose. Aujourd'hui, c'est le 3ème pays en matière de production de jeux vidéo dans le monde.

Quelques chiffres : l'emploi dans le secteur a connu une expansion de 712%
depuis 2002
. Le pays employait cette année là de manière directe autour de
2.000 personnes. En 2012, c'est un peu moins de 16.000 emplois.

Un miracle qui tient aussi du coup de bluff. À la fin des années 1990, nous
sommes à Montréal, un lobbyiste québécois Sylvain Vaugeois a une intuition :
parier sur le secteur du jeu vidéo comme gisement d'emplois. Sans avertir les
autorités québécoises, il mise tout sur une entreprise française, le géant
Ubisoft et son PDG Yves Guillemot. 

Montréal, eldorado du jeu vidéo avec comme symbole Ubisoft. 15 ans plus
tard, ce studio emploie près de 2500 personnes à Montréal et rêve devenir le
plus grand studio du monde avec des succès comme "Assassin's Creed"
ou "Splinter Cell". Une implantation si réussie que beaucoup de
montréalais pensent que Ubisoft est une entreprise canadienne et non française.

Peut-on parler de "dumping social" ? Ce qui est sûr, c'est que les
larges aides octroyées par le gouvernement du Québec à ce secteur, 50% de
crédit d'impôts sur les salaires en échange de la création de centaines
d'emplois, a favorisé ces implantations. Des studios comme Ubisoft, mais aussi
Electronic Arts ou Eidos. Un crédit d'impôts qui a été abaissé depuis à 30%, ou
37,5% si le jeu est produit en langue française. Sans compter les fonds d'aide
public très important au Canada. Et ça permet d'embaucher les talents mondiaux
au meilleur prix. Mais ce n'est pas la seule raison de ce "miracle" à
la québécoise.

Une ville et un pays qui attirent toujours autant de français. On compterait
au Québec 8.500 emplois dans le secteur du jeu vidéo. Plus d'un tiers seraient
français.
Alors attention, tout n'est pas rose. D'abord ces grandes entreprises
ont de plus en plus de mal à recruter et elles étouffent désormais la
créativité dans les plus petites structures, quand ce ne sont pas les provinces
canadiennes qui se font la guerre entre elles. Et pour ce qui est des vacances,
il y a une vraie différence, deux semaines grand maximum au Canada; cinq
semaines minimum en France. Autre défaut : les hivers rudes sauf à Vancouver.

La France peut-elle faire revenir ces emplois en France ? Oui, mais ça
passera forcément par la case fiscalité et aides publiques. Le gouvernement est
à la tâche pour récupérer ce gisement d'emplois et fera des annonces dès cet
été.

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