Addiction aux jeux vidéo : "Cette reconnaissance du trouble correspond à une réalité clinique"

Compétition de jeux vidéo au palais des congrès de Bordeaux, le 2 juillet 2017.
Compétition de jeux vidéo au palais des congrès de Bordeaux, le 2 juillet 2017. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Le Dr Geneviève Lafaye, psychiatre et addictologue, a estimé mardi sur franceinfo que "les demandes de soins sont croissantes" sur l'addiction aux jeux vidéo.

L'addiction aux jeux vidéo a été reconnue comme maladie à part entière par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lundi 18 juin. Cette reconnaissance du "trouble du jeu vidéo" va permettre aux joueurs compulsifs de pouvoir bénéficier de soins. Cette addiction ne touche qu'une petite minorité des 2,5 milliards d'amateurs dans le monde. "Cette reconnaissance du trouble correspond à une réalité clinique et ce sont des demandes de soins qui sont croissantes", explique le Dr Geneviève Lafaye, psychiatre, addictologue, mardi 19 juin sur franceinfo.

franceinfo : Que pensez-vous de la décision de l'OMS ?

Geneviève Lafaye : Cette reconnaissance du trouble correspond à une réalité clinique et ce sont des demandes de soins qui sont croissantes. Ce n'est pas juste le jeu vidéo qui pose problème, c'est souvent sous-tendu par autre chose, mais il y a des vraies caractéristiques cliniques communes qui justifient de prendre en compte ce problème qui est loin d'être anecdotique.

Le jeu vidéo est-il totalement mauvais ?

Cela peut développer certaines capacités cognitives, aider à résoudre des problèmes, à travailler sur la vitesse d'exécution et la mémoire. Il ne s'agit pas de diaboliser le jeu, mais les jeux tels qu'ils sont faits actuellement ont un potentiel addictif. On a des jeux qui ne s'arrêtent jamais. Vous prenez un livre, il y a un début, une fin ; vous regardez un film, il y a un début et une fin ; un jeu continue de vivre en permanence. Cela incite le joueur à être présent tout le temps. Il y a des systèmes de récompenses immédiates qui vont stimuler les joueurs.

Les parents sont-ils en première ligne pour éviter l'addiction ?

C'est quand même les intervenants de première ligne autour des jeunes. Ce sont les parents qui peuvent, les premiers, calibrer les choses, empêcher tout comportement excessif, alerter dès qu'il y a une rupture avec la scolarité, les copains, le sport. Quand on tombe dans l'addiction, le bon juge de ce qui va être problématique, cela ne va pas être nous mais plutôt l'entourage.

Vous êtes à nouveau en ligne