Jardin. Profession : Bergère urbaine, mission : l'écopâturage en ville

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L'écopâturage en ville a le vent en poupe. Il n'est plus rare de croiser des brebis sur un trottoir ou en patientant à un feu rouge...

L’écopâturage séduit de plus en plus de municipalités. Les brebis, chèvres, vaches, ânes ou poneys remplacent les tondeuses. Moins de bruit, moins de pollution, et un contact précieux avec les animaux pour les habitants des quartiers concernés.

Aujourd\'hui, Marjorie travaille avec sa fille, Louise. 
Aujourd'hui, Marjorie travaille avec sa fille, Louise.  (ISABELLE MORAND / ECOZOONE / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Le rêve d'enfant de Marjorie

Les troupeaux sont gérés par des bergers formés à l’écopâturage en milieu urbain. Marjorie Deruwez dirige la société Écozoone qu’elle a créée voilà 17 ans.

Cette pionnière a réalisé son rêve d’enfant : devenir bergère. "J'ai toujours eu cette envie. Comme beaucoup, j'ai commencé par faire des études plus 'raisonnables', et je suis devenue institutrice. À 30 ans, j’ai décidé de vivre ma vie et mon rêve d'enfant. J’ai tout laissé derrière moi pour partir dans les Alpes apprendre le métier de berger. Je suis partie avec ma petite fille qui avait 5 ans à l’époque.

J'ai adapté mon métier, je suis revenue travailler en ville, parce que justement j’avais une petite fille. Je ne voulais pas en être séparée, notamment pour ses études. C'était un gros pari, le changement fait très peur. Quitter un métier stable pour se mettre à son compte, c'est prendre des risques. Mais c'est la vie. Et à aucun moment, je n'ai regretté ma décision."

Les retours sont tellement extraordinaires ! Jamais plus je ne changerai de métier.

Marjorie Deruwez, bergère urbaine

Les brebis changent très régulièrement de pâturage. 
Les brebis changent très régulièrement de pâturage.  (ISABELLE MORAND / ECOZOONE/ RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

L'été en ville, l'hiver en Ardèche

À l’automne, les animaux et leurs bergers quittent la citadelle de Lille, la ville de Montpellier ou une cité de Port-de-Bouc, à côté de Marseille. Direction l’Ardèche, pour y passer l’automne et l’hiver.

Les 1 500 animaux d’Écozoone y disposent de 450 hectares pour vivre sereinement, loin du stress que peut engendrer la ville. Aucun d'entre eux n’est destiné à la consommation.

Une complicité inouïe avec la population

Quand Marjorie Deruwez a démarré son activité, tout le monde ou presque lui prédisait le pire... y compris l’égorgement de ses brebis dans ces cités qu’on dit sensibles. Les résultats ont fait taire ces oiseaux de mauvais augure.

"J'ai des milliers de souvenirs joyeux, heureux. À Montpellier, par exemple, nos animaux pâturent au pied des HLM, des zones qui conjuguent drogue, violences et peur des policiers qui hésitent à venir sur ces parcs urbains.

Depuis 7 ans, les animaux, toujours accompagnés d'un berger, sont très bien accueillis, y compris par les durs à cuire ! Et, croyez-moi, la présence des animaux a éveillé des vocations. Quelques dealers se sont découverts une passion pour ce métier de berger et démarrent dans le métier. Le changement est possible. Ça donne de l'espoir..." 

La société Écozoone dispense une formation pour apprendre le métier de berger urbain.
La société Écozoone dispense une formation pour apprendre le métier de berger urbain. (ISABELLE MORAND / ECOZOONE / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Lancement d'une formation de berger urbain

Devenir berger urbain ne s’improvise pas. Il faut savoir conduire un troupeau, s’en occuper, veiller à ce qu’il ne manque de rien.

Guider des animaux en ville demande des compétences et des connaissances spécifiques. Marjorie Deruwez et sa fille Louise qui travaillent désormais ensemble ont mis en place une formation de berger urbain.

Voici le lien vers cette offre de formation

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