Jardin. Le bourdon, un insecte très futé

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Trapu, velu, inoffensif, le bourdon est l'un des pollinisateurs parmi les plus précieux, surtout au printemps

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Le bourdon n’est pas le mâle de l’abeille et il n’a pas de dard, c'est un insecte placide, inoffensif et une espèce à part entière.

Un fidèle compagnon du printemps

Cet insecte est l’un des premiers à pouvoir être observé au jardin printemps, car il est endotherme : cela signifie qu’il est capable de produire sa propre chaleur. Il peut voler dès que l’air atteint 5°C. Une température bien trop frisquette pour l’abeille qui ne pointe le bout de ses ailes qu’à environ 15°C - 16°C. Quand elle sort, le bourdon a déjà fait, lui, un gros boulot de pollinisation dans nos jardins.

Des petits trous, toujours des petits trous...

Le bourdon se régale du nectar des premières fleurs. Mais certaines fleurs sont trop petites pour lui... Heureusement, il a une tactique, explique Thierry Jeanne, du Jardin de la Poterie, à Lithaire dans le Cotentin : 

"Quand les bourdons ne peuvent pas rentrer directement dans la fleur, ils contournent le problème en faisant un trou, pour pouvoir pomper le pollen contenu à l'intérieur. La manœuvre facilite également le travail des abeilles. Dans le Cotentin, nous avons majoritairement des abeilles noires qui n'ont pas une langue très longue. Elles ont du mal à butiner le cœur des fleurs. L'abeille noire utilise le trou foré par le bourdon pour récupérer le nectar.

Cette année, j'ai pu observer le phénomène sur une glycine devant la maison. Au début, seuls les bourdons s'agitaient dedans. Et puis, d'un seul coup, sont arrivées les abeilles noires qui ont profité des trous percés par les bourdons !"

Isabelle Bazire et Thierry Jeanne, devant l\'énorme gunnère de leur Jardin de la Poterie, dans le Cotentin. 
Isabelle Bazire et Thierry Jeanne, devant l'énorme gunnère de leur Jardin de la Poterie, dans le Cotentin.  (ISABELLE MORAND / BRUNHILD JEANNE / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Bourdons en ruches

Thierry Jeanne, qui a beaucoup observé ces insectes, affirme que les bourdons émettent deux types de sons. Le premier est émis en vol, par les ailes. Le second est bref, rapide et aigu quand il butine une fleur.  

Excellents pollinisateurs, les bourdons sont utilisés dans certaines productions maraichères. Ils sont élevés ensemble et installés dans des ruches à l’intérieur de serres où poussent des tomates, des fraises ou des aubergines.

Seules les reines survivent

À la fin de l’été, la reine qui, jusqu’alors, a pondu des ouvrières stériles commence à pondre des individus sexués. Les mâles meurent après l’accouplement, les ouvrières disparaissent au premiers froids. Ne subsistent plus que les reines qui s'enterrent...

"Les femelles survivent et vont former de nouvelles colonies au printemps. Elles vivent sous terre, utilisent des trous, voire des terriers. Elles peuvent aussi squatter des nids de souris. Parfois les souris viennent les déloger, mais il arrive aussi aux bourdons de virer les souris !"

Pas bête, le bourdon ! 

Les bourdons font l’objet d’études scientifiques. Voici quelques années, l’une d’entre elles a pu prouver que l’insecte était capable, après apprentissage, de tirer sur une ficelle pour accéder à du liquide sucré.  

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