Jardin. Des safranières sur les toits de Paris

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Quatre jeunes femmes se sont lancées - avec succès - dans la culture de l'or rouge sur les toits de la capitale.

Le safran est l’épice la plus chère du monde. Il faut débourser 30 000 euros pour acheter 1 kg de cet or rouge. Le safran provient des pistils d’un crocus (Crocus sativus). Ces pistils rouge profond sont récoltés à la main. Une opération minutieuse qui explique en grande partie son coût.

Quatre sœurs et une belle aventure

Le safran été cultivé dans le Quercy et le Gâtinais jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Puis, la culture s'est interrompue, jusqu’à la reprise récente de la culture en Creuse, dans les Ardennes, dans le Périgord, et maintenant à Paris, Montrouge (92) et Ivry-sur-Seine (94).

Les sœurs du Bessey, Philippine, Bérangère, Amela et Louise, sont les créatrices de l’entreprise Bienélevées et lauréates du programme Parisculteurs. Elles récoltent leur safran sur 5 toits de la capitale et de la petite couronne.

La culture de ce Crocus sativus est particulièrement adaptée au milieu urbain, comme l’explique Amela, rencontrée en pleine récolte sur un toit du 13e arrondissement : 

Le safran, c’est une plante incroyable qui s’adapte très bien à l’agriculture urbaine. On ne l’arrose pas. Elle demande très peu d’entretien. C’est une épice qu’on ne cultive pas assez en France. On importe 9 tonnes de safran par an. On en produit 250 kilos seulement.

Amela

Amela du Bessey, agricultrice urbaine.
Amela du Bessey, agricultrice urbaine. (ISABELLE MORAND / DIDIER HIRSCH / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Une récolte minutieuse

En octobre, pendant trois semaines, la récolte bat son plein. Impossible de laisser passer une seule journée, sinon le safran est perdu.

Il faut cueillir chaque fleur avant de l’émonder. L’émondage consiste à séparer les précieux pistils de la fleur avec une toute petite paire de ciseaux. Puis le safran est mis à sécher. Il faut environ trois semaines pour qu’il révèle tout son arôme et son intensité.

On peut ensuite l'utiliser notamment en infusion : "Je suis pas cuisinière, je suis l’agricultrice de la bande. Je laisse les recettes compliquées à mes sœurs !  Moi, c’est en infusion que je préfère le safran. Un petit peu de safran dans de l’eau chaude avec du miel et du citron permet de profiter au mieux de son intensité. Mais le safran accompagne aussi parfaitement les gâteaux, la crème brulée, des sauces, les fruits de mer, la volaille..."

Sur les toits, sont installés des dizaines de sacs où poussent des milliers de bulbes de Crocus sativus. 
Sur les toits, sont installés des dizaines de sacs où poussent des milliers de bulbes de Crocus sativus.  (ISABELLE MORAND / DIDIER HIRSCH / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Et bientôt, des cosmétiques ! 

Les quatre sœurs vont prochainement installer des safranières sur des toits à Lyon, Nantes et Rouen.

Autre projet bien avancé : l’utilisation des fleurs de Crocus sativus en cosmétiques. Contrairement aux pistils, les jolis pétales mauves du crocus ne sont pas comestibles, mais on peut en extraire des principes actifs anti-oxydants et anti âge.

L’an prochain, devrait donc être commercialisée une première crème de beauté au safran parisien. 

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