Pupitres, cloche et grand oral : décryptage du débat socialiste sur France 2

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C'est le succès médiatique le plus inattendu de la semaine : France 2 est arrivé en tête des audiences jeudi soir grâce au débat de la primaire socialiste. Pour l'occasion, la chaîne a mis en place un dispositif bien particulier, avec pupitres, "grand oral" et cloche qui sonne... Décryptage de ce dispositif avec le sociologue Dominique Wolton.

  • le mot de la semaine

    C'est un sigle un brin barbare : DVB-T2. Il s'agit d'une nouvelle norme de diffusion télévisuelle, que le CSA voudrait imposer pour toutes les chaînes qui se créeront à partir d'aujourd'hui sur la TNT. Cela permettrait de proposer davantage de chaînes mais ça obligerait les téléspectateurs à acheter un nouvel adaptateur, puisque les téléviseurs actuels ne sont pas compatibles. Alors, l'idée n'a pas déclenché un fol enthousiasme, il faut bien l'avouer. Quant au gouvernement, il n'a fait aucun commentaire. Ce sera lui qui sera chargé de valider ou non cette idée.

    • l'interview de la semaine

    Ce sera demain soir sur TF1, qui a décroché l'interview que tout le monde voulait, que la plupart des médias ont tenté de négocier : la première interview de Dominique Strauss-Kahn depuis le début de l'affaire. DSK sera donc demain soir à 20h sur le plateau de Claire Chazal. TF1 reste très discrète sur ce qui lui a permis d'emporter la mise, mais on peut avancer quelques arguments. Tout d'abord, les audiences du JT de TF1 le dimanche sont supérieures à celle de France 2. Par ailleurs, DSK s'était déjà exprimé au printemps à deux reprises sur la chaîne publique, peut-être a-t-il voulu rétablir l'équilibre. Enfin, on a beaucoup commenté l'amitié entre Claire Chazal et Anne Sinclair. Quoiqu'il en soit, TF1 est sûre et certaine de s'offrir là un excellent score d'audience, à la hauteur de l'hyper-médiatisation qui a entouré l'affaire Strauss-Kahn.

    • le dossier de la semaine

    L'interview de DSK devrait permettre à TF1 de se consoler de la soirée de jeudi dernier : à la surprise générale, son émission Masterchef n'a pas fait le poids face au débat entre les candidats à la primaire socialiste, qui se déroulait sur France 2.

    Personne ne s'attendait à un tel score : 4,9 millions de téléspectateurs en moyenne devant le débat, soit 500.000 de plus que devant le concours de cuisine de TF1. C'était la première fois qu'un débat entre candidats à la primaire socialiste était diffusé sur une grande chaîne nationale. Et pour une première, c'est une belle réussite...

    Le sociologue Dominique Wolton, ne cache pas sa surprise devant cette audience. Le directeur de l'institut des sciences de la communication au CNRS y voit cependant "un hommage aux médias de masse" qu'on "croyait dépassés par Internet".

    Ce qui est frappant aussi, c'est le côté très "scolaire" de la mise en scène : les pupitres, le terme "grand oral" pour parler de l'interview en tête à tête entre le candidat et les journalistes ou encore David Pujadas qui dit à François Hollande que "la cloche a sonné" pour lui signifier que son temps de parole est écoulé... "ça transforme les journalistes en profs, ce n'est pas une très bonne idée" note Dominique Wolton. "Il ne faut pas que le journaliste jouisse trop du pouvoir qu'il a, car celui qui prend le plus de risque dans ces débats, c'est le responsable politique."

    Reste à savoir comment se passeront les prochaines soirées de débats sur i-Télé le 28 septembre puis sur BFM-TV le 5 octobre. Deux chaînes qui espèrent bien évidemment attirer autant de téléspectateurs que france 2 jeudi soir...

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