Les chaînes misent-elles trop sur les émissions politiques ?

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Cette semaine, les chaînes de télévision ont toutes dévoilé leurs nouveautés de la saison et un mot est revenu dans toutes les bouches : présidentielle. Toutes ces émissions politique vont-elles réussir à trouver leur place - leur public ? Ne risque-t-on pas la cacophonie ? Analyse avec Arnaud Mercier, spécialiste des liens entre journalisme et communication politique.

  • les hauts et les bas de la semaine

    A peine la grille de rentrée installée, la bataille est d'ores et déjà rude entre les chaînes, et ça s'est joué surtout cette semaine sur ce qu'on appelle "l'access prime time", c'est-à-dire la tranche entre 19h30 et 20h30-20h45. C'est une tranche stratégique pour les chaînes et c'est très net : Canal+ et surtout M6 tirent leur épingle du jeu. Sur Canal+, "le grand journal" fait un très bon démarrage, "le petit journal" de Yann Barthès qui dure maintenant 20 minutes ne cesse de progresser depuis lundi. Sur M6, le JT "le 19.45" atteint des records historiques d'audience (3,2 millions téléspectateurs jeudi soir), tout comme la série "Scène de ménage" diffusée juste après (3,9 millions jeudi soir). Sur France 3, "Plus belle la vie" fonctionne toujours très bien, et tout cela grignote encore davantage l'audience des JT de TF1 et France 2, qui commencent l'année vraiment en toute petite forme.

    • l'idée de la semaine

    Elle est signée Rémy Pfimlin, le patron de France Télévisions : il a annoncé la création d'un baromètre qualitatif des audiences, pour savoir non pas ce que les gens regardent, mais s'ils apprécient ce qu'ils regardent. Alors, évidemment, l'idée est de concurrencer les sacro-saints chiffres de Médiamétrie que les patrons de chaînes consultent chaque matin en tremblant. Et ce n'est pas un hasard : France Télévisions a connu cet été des audiences très moyennes.

    • la polémique de la semaine

    C'est celle qui a accompagné les débuts de Sud Radio en région parisienne. La radio toulousaine est diffusée désormais en Ile-de-France, et elle a clairement pour ambition de concurrencer RMC, et ses émissions de talk, de libre-antenne, de franc-parler. Mais ça a dérapé : un animateur a appelé les auditeurs à s'exprimer sur d'hypothétiques liens entre DSK et un lobby juif. Colère du CSA qui met en demeure la radio pour propos discriminatoires : l'animateur Eric Mazet a été mis à pied jusqu'à nouvel ordre.

    • le dossier de la semaine

    C'était très frappant cette semaine : les chaînes ont présenté les temps forts de l'année à finir et on a parlé partout présidentielle... Sur France2, avec par exemple "Mots croisés" qui devient hebdomadaire. Sur Canal+ avec "le Grand Journal" qui va se focaliser sur la campagne. Sur Radio France aussi, avec une nouvelle émission inter-chaînes le dimanche soir entre 18h10 et 19h. Et puis, il y a l'humour autour de la politique, des Guignols à Nicolas Canteloup qui arrive sur TF1.

    Il est tout à fait logique que les médias s'emparent de cette actualité-là, parce que c'est l'actualité cette année, mais on peut se demander quel sera le résultat. Il faut le rappeler, la France fait partie des pays qui ont la plus grande offre en terme d'information : il y a la grand messe du JT - une spécificité française - mais aussi LCI, I-Télé, BFM-TV, France24, Euronews, La chaîne parlementaire, Public-Sénat, sans oublier bien sûr les radios, la presse mais aussi les réseaux socaiux et plus particulièrement Twitter que les candidats se sont largement appropriés. "Il va y avoir un brouillage du message politique" affirme Arnaud Mercier, professeur en sciences de l'information et de la communication à l'université de Metz. "Plus les supports se multiplient, moins ce qui est dit est audible, car il y a une parcellisation de la communication politique".

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