Lance Armstrong : quand la télé américaine se transforme en confessionnal

C'était certainement l'interview la plus attendue et la plus commentée de la semaine. Lance Armstrong a avoué s'être dopé à l'animatrice Oprah Winfrey sur le plateau de la chaîne OWN. Ce n'est pas la première star à tenter ainsi d'obtenir l'absolution médiatique. Thomas Snegaroff, historien, spécialiste des États-Unis et de la culture américaine analyse cette tradition américaine de la contrition publique.

"C'est une stratégie utilisée depuis des années par les vedettes, et ça fonctionne, pour peu que le public ressente un vrai repentir ", note Thomas Snegaroff. "Les Américains aiment bien que les personnes s'épanchent et demandent pardon. S'il y a une larme, c'est encore
mieux !
" Et le spécialiste des larmes, c'est Bill Clinton : "Il s'est excusé à maintes reprises, et pas seulement dans l'affaire Lewinsky. Et à chaque fois, il avait la larme à l'oeil. Ca a beaucoup plu aux Américains. "

Si Oprah Winfrey est la reine de la confession médiatique, c'est avant tout "parce qu'elle représente l'Amérique ". "C'est une sorte de média parfait entre la vedette et le public. Quand elle est émue, le public est ému ", affirme Thomas Snegaroff.* "Elle sait être en pleine empathie et c'est un sentiment très présent aux États-Unis.* "

Comment expliquer une telle tradition de la contrition publique aux Etats-Unis ?* "On peut d'abord rappeler le rôle de la confession publique dans la foi protestante ", rappelle Thomas Snegaroff. "Aux XVIIIe et XIXe siècle, ça se faisait beaucoup aux États-Unis. Mais il y a aussi dans le pays une vraie culture de la rédemption. On adore ceux qui tombent et qui se relèvent. Le meilleur exemple, c'est Rocky.* "