La télévision au coeur de la campagne présidentielle

François Hollande qui enchaîne les interventions sur les plateaux, Nicolas Sarkozy qui donne une interview diffusée sur 5 chaînes simultanément... Malgré l'émergence du web, la télévision semble encore et toujours le terrain de bataille favori des candidats. Analyse avec Arnaud Mercier, enseignant en communication politique.

Depuis quelques jours, les deux principaux candidats mènent la bataille sur le terrain cathodique. Interrogé dimanche dernier au JT de TF1, François Hollande a également été suivi lors de son meeting au Bourget par 2 millions de téléspectateurs. Jeudi soir sur France 2, son débat avec Alain Juppé a lui atteint un pic d'audience à 6,3 millions de téléspectateurs, un chiffre rare pour une émission politique.

Ce week-end, c'est Nicolas Sarkozy qui reprend la main et pourrait dépasser François Hollande en terme d'audience. Tout d'abord parce que ces interventions, comme en octobre dernier, frôlent généralement les 12 millions de téléspectateurs. Ensuite, parce qu'il sera en direct sur 5 chaînes en même temps - TF1, France 2, BFM TV, I-Télé et LCI. Du jamais vu. "Ce n'est pas un hasard. L'entourage de Nicolas Sarkozy voulait intégrer les chaînes d'info en continu, notamment parce qu'elles tournent en boucle et touchent un public de plus en plus large" explique Arnaud Mercier, chercheur en communication politique à l'université de
Lorraine.

L'élection se joue-t-elle sur les chiffres d'audience ? "Non, on ne peut pas associer un bon score d'audience à une adhésion" tempère Arnaud Mercier. "On sait par exemple que Jean-Marie Le Pen faisait d'excellents scores à la télévision, parce qu'il y a un effet de curiosité" .

En revanche, de bonnes audiences sont un indice de la mobilisation de l'électorat. Et montrent également la place toujours prédominante de la télévision. "Internet ne tue pas la télévision, même si la consommation de télé s'affaiblit chez les jeunes" affirme Arnaud Mercier. "La télé nourrit le buzz sur Internet, c'est totalement complémentaire" .

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