Elections tunisiennes : les votants de France pas suffisamment informés ?

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Ce week-end, les Tunisiens vont élire leur nouvelle assemblée constituante. Parmi eux, près de 600.000 Tunisiens de France. Comment s'informer sur les enjeux d'un scrutin quand on est loin de son pays ? Les médias tunisiens ont-ils su s'adresser aux votants de l'étranger ? On en parle avec Samir Bouzidi, journaliste franco-tunisien.

  • la photo de la semaine

    C'est une photo très violente, qui a fait le tour du monde en quelques heures jeudi : Mouammar Kadhafi le visage ensanglanté. C'était la première image de la chute du dictateur. Elle a été prise par un combattant libyen, puis récupérée quelques minutes plus tard par un photographe de l'AFP. Cette image choc n'a pas été traitée partout de la même manière. En France, la plupart des sites d'information ont très rapidement mis cette photo en Une, tout comme les médias arabes Al-Jazeera et Al-Arabiya. En revanche, en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne, cette image était en petit à l'intérieur des articles. Pour la voir les internautes devaient cliquer sur une mention "attention photo choquante".

    • le carton jaune de la semaine

    C'est celui adressé par le CSA à trois chaînes de télévision, BFM TV, LCI, I-télé et à deux radios, Europe 1 et France Inter, pour ne pas avoir respecté la règle du temps de parole politique. Entre juillet et fin septembre, ces médias ont trop donné de temps d'antenne aux représentants du parti socialiste par rapport à la majorité. Le CSA a donc décidé de les mettre en demeure, c'est-à-dire qu'en cas de récidive, il y aura des sanctions.

    • la bonne audience de la semaine, ce sera sans doute celle réalisée demain par la finale de la coupe du monde de rugby

    Les pronostics font état de 12 à 13 millions de téléspectateurs potentiels, ce qui ferait de cette finale l'un des événements les plus regardés de l'année. Il faut dire que les précédents matchs ont permis à TF1 d'enregistrer de très bonnes audiences : 7 millions de téléspectateurs en moyenne devant chaque match des Bleus, et même 9,5 millions samedi dernier pour la demi-finale avec une part d'audience exceptionnelle : sur 10 personnes qui regardaient à ce moment là la télé, plus de 7 étaient devant le match.

    • le dossier de la semaine

    Ils vivent sur le sol français, mais vont voter aux élections tunisiennes. Les Tunisiens de France ont jusqu'à ce soir pour choisir leur représentant à l'Assemblée constituante. Ces Tunisiens de l'étranger ont un énorme poids dans l'élection : il y a 10 millions d'habitants en Tunisiens et quelque 900.000 qui habitent hors des frontières du pays. Et parmi eux, environ 500.000 à 600.000 vivent en France. L'information de ces Tunisiens de France, leur implication dans les élections, est une donnée essentielle.

    Alors, bien sûr, techniquement, ces Tunisiens peuvent avoir accès aux médias de leur pays d'origine. Certaines chaînes de télé sont accessibles en France via le satellite, le câble, via Internet aussi, tout comme les articles des journaux, tout comme les blogs qui ont joué un rôle si important au moment de la révolution de janvier. Mais ce qu'il faut bien dire, c'est que les journalistes tunisiens couvrent une élection libre et démocratique pour la première fois de leur carrière et que tout s'improvise un peu : sur les sites Internet des journaux tunisiens, par exemple, il n'y a pas de dossier avec tous les candidats, tous les enjeux comme ça peut se faire en France par exemple. Il n'y a pas non plus de dispositif spécial pour les électeurs de l'étranger : la télévision ne précise pas par exemple que les dates de votes ne sont pas les mêmes, demain pour les votants de Tunisie, jusqu'à ce soir pour les votants de France.

    "Il y a vraiment un désarroi de la part des votants" note Samir Bouzidi, fondateur de 00216, magazine trimestriel dédié aux Tunisiens de l'étranger. "On reçoit entre 200 et 300 mails par jour, sur les modalités des élections, les dates. Il y a encore des gens qui pensent qu'il s'agit de l'élection présidentielle". Pour ce journaliste, les Tunisiens de France ont manqué d'information : "jusqu'à très récemment, les candidats n'avaient pas le droit de s'exprimer dans les médias étrangers. Résultat, quand on lit les journaux français, on a l'impression qu'il n'y a pas de scrutin."

Vous êtes à nouveau en ligne