Quand le cerveau s'entend mal avec la musique

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Si la musique et vous ça a toujours fait deux, c'est peut-être que vous souffrez d'amusie. Un trouble peu connu auquel s'intéressent des chercheurs du CNRS et de l'INSERM.

L'amusie congénitale concernerait 2% à 4 % de la population. Ce trouble se caractérise par des compétences musicales diminuées.
Concrètement,  les personnes concernées
peuvent avoir du mal à chanter juste, éprouver des difficultés à entendre une
"fausse note" ou encore être incapable de reconnaitre des mélodies
très familières. Pour certaines personnes touchées par ce trouble, la musique
est davantage une gêne qu'un plaisir.

L'amusie n'est pas liée à une absence d'initiation à la
musique. On peut avoir suivi des cours de solfège et
s'avérer être amusique. Des études ont également montré que ce trouble n'est dû
à aucun problème psychologique ou auditif.

Les études menées

Depuis plusieurs années des scientifiques s'intéressent à
l'encodage de l'information musicale dans le cerveau, ainsi qu'à la
mémorisation à court terme des notes. Il a été montré par exemple que les
personnes amusiques éprouvent une difficulté à mémoriser des suites de notes.

Pour tenter de déterminer les régions cérébrales concernées
par ces difficultés de mémorisation, Barbara Tillmann et Anne Caclin, chercheuses
au Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CNRS / Inserm / Université
Claude Bernard Lyon 1), ont mené une étude 
sur un groupe de personnes amusiques. Les scientifiques ont enregistré l'activité cérébrale de ces
personnes pendant qu'elles effectuaient des tests musicaux.

Un traitement altéré
de l'information musicale

Les résultats de
l'étude indiquent que les personnes amusiques présentent un traitement altéré
de l'information musicale dans deux régions cérébrales : le cortex auditif et
le cortex frontal, surtout dans l'hémisphère cérébral droit. Observées par IRM
ces régions cérébrales présentent des anomalies anatomiques, notamment un
déficit en matière blanche. La matière blanche contient en particulier de la
myéline, une substance qui permet au signal nerveux de se propager rapidement.

Tous ces éléments conduisent les chercheurs, à penser que le
disfonctionnement à l'origine de l'amusie survient dès les toutes premières
étapes du traitement d'un son dans le système nerveux auditifs.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans l'édition
papier du mois de mai 2013 de la revue Brain .

Participer aux études

Si vous souhaitez participer aux futures expériences menées par les scientifiques du Centre de
recherche en neurosciences de Lyon, vous pouvez 
tester votre oreille musicale sur leur site web

[

](http://olfac.univ-lyon1.fr/Test_Auditif/)

 

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