Une étude très complète sur les cauchemars récurrents

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Pourquoi avons-nous toujours l'impression de faire les mêmes cauchemars ? Comment les traiter lorsqu'ils deviennent récurrents au point de provoquer de troubles du sommeil ? Caroline Tourbe, journaliste pour le magazine Science et Vie, nous parle de l'étude la plus complète jamais réalisée sur ses mauvais rêves qui peuplent nos nuits.

Si beaucoup considèrent qu'un cauchemar et un mauvais rêve sont la même chose, pour les spécialistes, il s'agit de deux entités distinctes. On se souvient d'un mauvais rêve quand on se réveille, alors que le cauchemar nous réveille, souvent en sursaut.

Le cauchemar provoque des émotions tellement intenses que des zones du cerveau déconnectées pendant le sommeil se reconnectent brusquement avec la réalité. C'est un peu comme si une "alarme de secours" se déclenchait pour mettre fin à un sommeil devenu insupportable.

Deux cas

Si tout le monde a déjà fait des cauchemars, ils existent deux cas bien particuliers où ils deviennent récurrents : Au moment de l'enfance, entre cinq ans et neuf ans. Généralement, cela s'estompe avec l'âge mais parfois, il est nécessaire de consulter lorsque l'enfant n'arrive plus à dormir.

Le stress post-traumatique. Ce trouble apparaît chez des victimes d'un traumatisme et c'est pour elles que les chercheurs espèrent mettre au point une prise en charge efficace.

L'étude

Pour leur étude, Antonio Zadra et Geneviève Robert, de l'université de Montréal, ont enrôlé près de 600 participants et leur ont demandés pendant cinq semaines, de noter le récit de leur nuit sur un petit cahier. Résultat : 10.000 récits collectés dont 253 cauchemars.

Jusqu'à présent, on se contentait d'étudier les cauchemars avec des questionnaires où les participants devaient cocher -rétrospectivement- le ou les thèmes de leurs rêves.

Ces deux chercheurs ont constitué la plus grande base de données jamais établi sur les cauchemars, soit 253 récits parfaitement détaillés.

Ils ont fait des découvertes surprenantes sur le contenu de nos cauchemars. Certains "grands classiques" cauchemardesques, comme le fait d'être poursuivi ou l'impression de tomber dans le vide sont en réalité très rares. Ils ne sont apparus que dans moins de 2 % de l'échantillon, alors que, jusqu'à présent, des études plus limitées semblaient suggérer que ce type de mésaventure émaillait jusqu'à 73% de nos cauchemars.

Autre enseignement très paradoxal : 22 % de nos cauchemars connaissent un dénouement heureux ou partiellement heureux.

Différences entre les hommes et les femmes

Les chercheurs ont constaté que les femmes étaient beaucoup plus fréquemment réveillées par des rêves douloureux que les hommes et leur contenu diffère souvent.

Les hommes sont plus susceptibles de faire des cauchemars à propos de catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre), tandis que les femmes témoignent plus souvent de conflits interpersonnels, comme une dispute avec leur conjoint et plus fréquemment de sentiments d'humiliation, de frustration, ou d'impuissance.

Sur la piste de nouveaux traitements

Des chercheurs - qui collaborent avec l'université de Montréal- mettent en ce moment au point des thérapies par "répétition de l'imagerie modifiée"....Des méthodes qui consistent à réécrire le contenu de son cauchemar jusqu'à en faire un récit plus calme, voire rassurant.

Or, il semble que le mieux serait de commencer par les cauchemars les moins traumatisants, ceux qui sont assez proches en sommes des cauchemars classiques. Il faudrait partir de ces cauchemars "tout venants" pour traiter ensuite les rêves les plus insupportables.

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