Où s'adresser lorsque l'on perd l'odorat ?

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Les consultations spécialisées sont rares ? Au CHU de Nantes, le docteur Claude Simon reçoit ses patients depuis quelques mois pour une séance d'olfactométrie (la mesure de l'odorat). Cette nouvelle consultation ne désemplit pas. Elle est la seule du genre dans toute la région Ouest.

Pourtant, certaines études montrent qu'environ 5% de la
population générale souffrent de ces troubles et que ce chiffre grimpe même à
15% après 65 ans. C'est inquiétant parce que nous avons presque tous connu au
moins une fois, à l'occasion d'un rhume ou d'une grippe carabinée, la perte
quasi-totale de notre odorat. Impossible de humer l'odeur du café ou d'un bon vin.
Le meilleur des plats se révèle d'une fadeur sans nom. Alors, heureusement,
dans la majorité des cas, ce handicap est transitoire. Et lorsque le rhume ou
la grippe s'éloigne : l'olfaction se rétablit spontanément. Mais parfois,
ce retour à la normale peut être très long ou s'effectuer moins bien, voire pas
du tout. Il se peut même qu'aucun rhume ne semble expliquer l'origine de ce
trouble.

Quelques signaux qui doivent vous alerter :

Les personnes qui vous entourent détectent –
systématiquement - les odeurs avant vous.Vous constatez une distorsion de l'odeur ou du goût :
par exemple votre café sent le fromage ou le poisson pourri.Vous sentez des odeurs fantômes, soit des odeurs,
agréables ou non. Mais que vous êtes le seul à percevoir.Vous sentez des odeurs désagréables sans raison apparente.

Comment se déroule une consultation spécialisée comme celle
de Nantes ?

La consultation d'olfactométrie va permettre d'évaluer votre
trouble en trois séries de tests :

 La première série détecte le seuil à partir duquel une odeur est
perçue : le médecin fait sentir au patient des tampons contenant  un parfum plus ou moins concentrés.Dans la deuxième série, il s'agit de différencier des
parfums assez proches.  Enfin, les derniers tests, il faut reconnaître et nommer
des odeurs classiques comme la vanille ou le citron...Au total, la consultation
dure environ trois quart d'heure.

Parmi les troubles de l'odorat dépistés, certains doivent
avoir un retentissement important sur la vie quotidienne. Pourtant, des
personnes hésitent-elles souvent à en parler et c'est souvent par peur ne pas
être crus ou de ne pas être prises au sérieux. Comme il s'agit de troubles peu
apparents, il est assez facile de les cacher à son entourage mais cela n'empêche
pas de souffrir et même de courir certains risques liés à ce problème : de
la fuite de gaz qui devient indétectable à l'aliment périmé que l'on ne repère
pas à l'odeur. C'est aussi, au quotidien, une non-perception de sa propre odeur
corporelle, d'où un sentiment d'insécurité, parfois même un état dépressif. Les
personnes qui en sont victimes se ressentent une sorte "d'amputation
invisible".

Aujourd'hui, les causes des troubles de l'odorat sont de
mieux en mieux connues et il existe des soins très
efficaces, du moins contre certains de ces troubles comme ceux qui
sont liés à une maladie inflammatoire qui provoque un gonflement dans les
profondeurs du nez. Si c'est le cas, c'est une bonne nouvelle parce qu'un
traitement par corticoïdes est en général suffisant pour rétablir la
circulation de l'air et donc retrouver l'odorat. Mais l'exploration de l'intérieur
du nez peut aussi révéler la présence de polypes, qui peuvent parfois être
retirés ou encore une infection mal soignée qui perturbe la bonne perception
des odeurs. Dans tous les cas où la perte est réversible, le processus de
récupération de l'odorat peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois.

Quand la cause ne se situe pas dans le nez, les choses se
compliquent. En réalité, lorsque l'origine des problèmes d'odorat se situe plus
en amont, dans le cerveau par exemple, le dépistage ne sert pas tant à soigner
le trouble qu'à révéler des maladies sous-jacentes. Ainsi, l'odorat, qui repose
sur l'activité de zones spécifiques du cerveau, est également fréquemment
affecté chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson. Dans
ce dernier cas, il semble même que la perte est très fréquente : 70 à 90%
des patients atteints de la maladie de Parkinson présenteraient une perte de
l'odorat! Ce trouble peut même précéder l'apparition des symptômes classiques
de la maladie puisqu'il peut apparaître jusqu'à 5 années avant que les premiers
tremblements ne se déclarent. Attention toutefois, toutes les personnes
concernées par une perte de l'odorat ne vont évidemment pas développer cette
maladie.

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