Temps de parole du PS : le CSA adresse un carton jaune à cinq médias

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C'est une première dans l'histoire du CSA : le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a mis en demeure trois chaînes et deux radios pour non respect du temps de parole politique. BFM TV, LCI, I-Télé, Europe 1 et France Inter ont trop donné de temps d'antenne au parti socialiste au cours des trois derniers mois.

La mise en demeure, c'est un carton jaune en fait que le CSA adresse à trois chaînes - BFM TV, LCI et I-télé - et à deux radios, Europe 1 et France Inter. Le Conseil leur rappelle solennellement qu'elles ont accordé beaucoup trop de temps d'antenne au parti socialiste au cours des trois derniers mois. On en avait déjà parlé dans cette chronique : la forte exposition médiatique de la primaire socialiste provoque de nombreuses réactions et le CSA a de rappeler qu'il y avait une règle, celle du temps de parole. Selon cette règle, pour une heure d'antenne accordée à la majorité, les chaînes et les radios doivent accorder au moins une demi-heure à l'opposition et les médias doivent arriver à l'équilibre à la fin de chaque trimestre en ce qui concerne les journaux (à la fin de chaque semestre pour les magazines). Alors, il n'y a pas de maximum : la règle ne dit pas "interdit de donner plus de tant de minutes à l'opposition quand on donne une heure à la majorité". Mais ce que dit le CSA, c'est qu'il faut de l'équité : la majorité au pouvoir, qui a été élue par les citoyens, doit avoir davantage de temps de parole que l'opposition. Et c'est un principe que les cinq médias en question n'ont pas respecté : ils ont accordé plus de temps à l'opposition, beaucoup plus de temps, environ 130 à 150% du temps d'antenne accordé à la majorité. "Un dérapage qu'on ne peut accepter" selon Christine Kelly, membre du CSA.

Ce qu'on peut rappeler tout de même, c'est que l'actualité a été forte au parti socialiste ces derniers mois. Il y a quand même eu trois actualités qui ont concerné au premier chef l'opposition : la primaire socialiste, le basculement du Sénat à gauche et l'affaire DSK. Mais ce n'est pas un argument, selon Michel Boyon, le président du CSA. Les médias auraient du anticiper, d'autant qu'ils avaient été prévenus "dès le mois de juillet du risque de déséquilibre".

En cas de récidive, les chaînes et radios s'exposent à des sanctions, qui peuvent aller de la lecture d'un communiqué à l'antenne au paiement d'une amende. En revanche, le CSA insiste sur un point : pas question de faire du rattrapage. Pour ce dernier trimestre de l'année, les radios et les télés n'ont pas à privilégier la majorité, ni les autres partis qu'on a peu entendu ces derniers mois. Le compteur a été remis à zéro le 1er octobre dernier et d'ici au 31 décembre les médias doivent faire preuve d'une stricte équité.

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