Perte du triple A : la presse américaine relativise

A la Une des médias aujourd'hui en France, la dégradation imminente de la note de la France par l'agence Standard & Poor's. Les médias français, comme allemands, s'inquiètent des conséquences. "Ce n'est qu'une opinion" tempère de son côté le Wall Street Journal

ça "décroche" , ça "dégrade" , ça "dégringole" ... Dans les médias, le vocabulaire est celui de la chute. Standard & Poor's endosse de son côté le rôle du méchant : l'agence "met sa menace à exécution" , elle a la France "dans son viseur" , lit-on sur l'Express.fr. Rares sont les médias qui comme Slate.fr se lancent d'ores et déjà dans l'analyse politique, avec un papier intitulé "C'est la France de Sarkozy qui perd le triple A" . Les journaux tentent plutôt d'expliquer les conséquences possibles de cette dégradation, comme les Echos et ils pointent également, comme le fait le Parisien par exemple, une donnée de taille : "la France dégradée, l'Allemagne épargnée" .

Dans la presse allemande, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, on ne lit pas de "ouf" de soulagement. Ce qui domine, c'est plutôt l'inquiétude pour la zone euro de manière générale. "Un déclassement de la France et l'Autriche augmenterait la pression sur l'Europe" peut-on lire dans le Westdeutsche Zeitung. En revanche, aux Etats-Unis, on estime que cela pourrait être dangereux pour l'unité européenne. "Les emprunts d'Etat allemands vont devenir les seuls placements sûrs de la zone euro" , "cela va accroître les tensions" écrit le Wall Street Journal. Les Etats-Unis relayent largement cette nouvelle. Mais peut-être parce qu'eux aussi ont perdu leur triple A, certains médias relativisent : "il faut se souvenir" lit-on toujours dans le Wall Street Journal"que l'opinion de Standard & Poor's sur la zone euro n'est pas plus que ça : une opinion" .

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