Le "fonds Google", tournant dans le financement de la presse ?

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C'est un lancement très attendu. Le fonds Google "pour l'innovation numérique de la presse" est créé aujourd'hui. Le géant américain met 60 millions d'euros à la disposition des journaux français. Le résultat d'un long bras de fer entre les éditeurs de presse et le moteur de recherche. Et le début d'un nouveau partage des recettes ?

L'affaire s'était réglée à l'Elysée en février dernier, à l'issue d'une bataille de plusieurs mois. Depuis longtemps, les journaux reprochent aux moteurs de recherche, et notamment à Google, de gagner de l'argent grâce à eux. En référençant les articles, Google et consorts obtiennent en effet d'importants revenus publicitaires, et les propriétaires de journaux estiment normal de recevoir une partie de cet argent, comme une sorte de droit d'auteur. Google refuse net l'idée d'une taxe, mais après moult négociations et l'intervention du chef de l'Etat, tout le monde s'entend sur la création d'un fonds : 60 millions d'euros pour aider la presse à se développer sur Internet.

Toutes les idées sont les bienvenues, pourvu qu'elles concernent le web : "ça peut être un développement éditorial, une nouvelle manière de mettre en scène l'information, ça peut être la mise en place d'un nouveau modèle économique, ça peut être de la vidéo" détaille Ludovic Blecher, le nouveau directeur du fonds. "Il faut que ça apporte une valeur ajoutée pour l'internaute, mais aussi que ça ait un impact économique."

Après la presse écrite, la radio ou la télévision ?

Reste que 60 millions d'euros, ce n'est pas grand chose par rapport au chiffre d'affaires d'un géant comme Google. D'autant que le fonds est créé seulement pour trois ans. Quel en sera l'impact à long terme ? "C'est une première étape dans la relation entre les éditeurs de presse et les intermédiaires" indique Jean-Marie Charon, sociologue des médias et spécialiste des mutations de la presse. Après Google, pourquoi pas les autres moteurs de recherche, les portails ou les réseaux sociaux ? Et puis, "aujourd'hui, c'est la presse écrite, mais demain la télévision et la radio pourront aussi se tourner vers les intermédiaires, car de plus en plus de vidéos sont diffusées."

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