Jean-François Halin, créateur de la série "Au service de la France" sur Arte : "J’aime bien créer des personnages idiots"

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Jean-François Halin, créateur de la série humoristique "Au service de la France", revient chez franceinfo sur la deuxième saison qui démarre jeudi soir sur Arte. 

"J'aime bien créer des personnages idiots. Leur médiocrité me rassure peut-être", confie Jean-François Halin, créateur de la série Au service de la France, sur franceinfo, mercredi 4 juillet, à l'occasion du lancement de la deuxième saison jeudi soir sur Arte.  

L'agent secret Merlaux (interprété par Hugo Becker) accompagné de ses trois confrères, Moulinier, Jacquart et Calot, toujours aussi crétins, racistes et misogynes, font en effet leur retour sur la chaîne franco-allemande. La deuxième saison de la fiction d'espionnage humoristique se déroule dans les années 1960, une époque où le monde change à grande vitesse avec l'indépendance de l'Algérie, Cuba et la construction du mur de Berlin.

Les femmes prennent du galon

Autant de bouleversements que ne remarquent pas ces espions français. "Ils ne peuvent pas voir les évolutions géopolitiques alors qu'ils ne comprennent ce qui se passe à côté d'eux", explique Jean-François Halin. Les héroïnes de la série, dans cette France du début des années 1960, commencent en effet à s'émanciper. L'une d'entre elles devient même agent secret. Une promotion qui se fait "au grand dam des autres agents qui, dans leur crasse misogynie, n'en reviennent pas, et pensent même que c'est un blague, voire un vice de procédure", raconte le scénariste, qui rappelle que les femmes à l'époque n'avaient pas le droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari. 

Ce qui les préoccupe, ce ne sont donc pas les mutations sociétales, mais d'organiser des pots ainsi que de coller des tampons sur des documents administratifs. Une occupation des agents français qu'assure "avérée" Jean-François Halin. "Quelqu'un de la DGSE m'a dit une fois qu'ils avaient toujours besoin de coups de tampon. Même lorsqu'ils font sauter le Rainbow Warrior", raconte-t-il. Détourner avec humour la vie que l'on imagine nécessairement trépidante des agents, voilà "le postulat" de la série.  

Portrait de la France gaullienne

Ces héros caricatures, qui ne doutent pas d'eux-mêmes, font penser au célèbre agent Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117. Et cela ne tient pas au hasard. Jean-François Halin est aussi scénariste des deux films OSS. Le monde des espions le fait "rêver". "Ce sont des héros, des gens qui nous sauvent. C'est justement pour ça que c'est drôle de montrer leur part cachée, de dire qu'ils sont au final comme nous", précise le créateur de la série. 

Derrière l'humour, la série aborde la France gaullienne et les mythes qui vont avec. "C'est aussi un portrait en creux de la France d'aujourd'hui", analyse le scénariste. Les sujets sérieux sont aussi évoqués. Comme le tabou de l'homosexualité dans les années 1960. "Ça l'est toujours un peu aujourd'hui. Mais à l'époque c'était passible de prison. L'homosexualité était considérée comme un fléau social." Un des agents secrets est homosexuel. "Cela n'enlève rien de sa virilité et de sa force. Mais dans ce milieu viril et macho, c'est très difficile à assumer", considère Jean-François Halin. Les trois premiers épisodes sont diffusés sur Arte à 20h55 jeudi 5 juillet.

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