Augustin Trapenard : "Une bonne interview part d’un point et arrive à un autre et à l’intérieur, c’est le bordel"

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Augustin Trapenard, producteur de "Boomerang" sur France Inter, ajoute une corde à son arc. L'interviewer est à la tête de "Plumard" sur la plateforme BrutX. Une émission à la durée variable et réalisée par Renaud Le Van Kim.


Augustin Trapenard arrive sur la plateforme BrutX pour présenter Plumard, un entretien avec un auteur ou une autrice installé sur un canapé. "Il y a plume dans plumard, donc c’est l’écrivain, et puis il y a l’espace du canapé lit, sur lequel je lis tous les jours, explique l’interviewer. Et c’est très important pour moi de parler de littérature à partir d’un espace intime." Et ce canapé, "C’est un décor, une sorte de malle de Mary Poppins, de chasse aux trésors et peut aller partout. Pour la toute première émission, on s’est mis sur un rond-point." S’il avait un lieu à choisir pour être interviewé, Augustin Trapenard irait "en Auvergne, à côté des chevaux. Je viens de là, mes deux parents sont auvergnats et c’est très important pour moi la nature, les animaux, le parfum, le toucher…"
Pour la première émission, son choix d’invité s’est porté sur Florence Aubenas. "J’avais envie d’un invité que je n’avais jamais rencontré, annonce-t-il. La beauté d’un entretien, cela repose aussi sur la surprise, et l’électricité qu’il y a quand on ne s’est pas rencontré, cela donne des entretiens souvent plus intéressants que quand on refait un artiste des années plus tard."

Plumard joue beaucoup avec l’image, avec des collages, des effets spéciaux. "Je réfléchis toujours à la façon dont on va mettre en images, explique l’animateur. Quand j’ai commencé la TV, mon producteur était Renaud Le Van Kim à Canal+ et c’est encore lui qui me produit à BrutX. Et il m’a dit : tu vas faire quelque chose de difficile : tu vas parler de livres à la TV, c’est-à-dire là où il n’y a pas d’images. Ce défi-là m’habite perpétuellement. Comment inventer de nouvelles façons de raconter et de montrer également."
Dans le générique, Plumard fait un clin d’œil à Bernard Pivot, illustre présentateur d’Apostrophes, de Bouillon de Culture.

Bernard Pivot, c’est la raison pour laquelle je fais ce métier. C’est la seule émission qu’on avait le droit de regarder à la maison quand j’étais petit.

Augustin Trapenard

sur franceinfo

Augustin Trapenard avoue également :"Bernard Pivot a toujours été d’une grande bienveillance à mon égard. Un jour, il m’a fait un compliment, il m’a dit : ce que vous avez fait dire à Le Clézio, c’est exceptionnel, je n’ai jamais réussi. Cela avait fait mon mois, mon année. Et là, comme un clin d’œil d’amitié, je lui ai demandé de participer." 

Pour celui qui mène des entretiens au quotidien sur France Inter : "Une bonne interview part d’un point et arrive à un autre et à l’intérieur, c’est le bordel. J’ai un conducteur extrêmement écrit et il explose à chaque émission. S’il n’explose pas, c’est que l’émission est ratée. Un bon entretien, c’est où il y a des surprises, des éclats, quelque chose que vous n’aviez pas prévu et qui nous trouble."
En décembre 2020, Augustin Trapenard expliquait son départ de Canal+ par d’autres envies, d’autres projets. "J’étais très intéressé d’aller sur une plateforme de streaming, reprend-il, d’aller explorer de nouveaux territoires de narration, de mise en images, d’autres usages, d’autres publics. C’est cela notre métier."
Et l’interviewer "ne parle pas de programmes, mais d’épisodes d’une série de rencontres littéraires. Parce que le premier épisode avec Florence Aubenas, il fait 30mn, le second avec Chloé Delaume, il pourra faire une heure et quart. Il n’est pas formaté de la même façon et c’est important pour penser l’art de l’interview et la rencontre avec un écrivain."

 

Vous êtes à nouveau en ligne