Umberto Eco professeur de journalisme

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il a 83 ans mais continue de nous éblouir par sa fraîcheur, 35 ans après la parution du "nom de la rose", Umberto Eco publie "Numéro Zéro", chez Grasset et le moins qu'on puisse dire c'est que le journalisme en prend pour son grade.

On s'en réjouit, tellement ce roman, mi- pamphlet, mi- farce frappe là où ça fait mal. Début des années 90, à Milan, un groupe de journalistes ratés est recruté par un mystérieux personnage, chargé de fabriquer pendant un an des numéros zéros, des maquettes, pour le compte d'un autre mystérieux commanditaire, le but étant de démontrer qu'un journal peut devenir un outil de chantage, donc finalement pas besoin de sortir ce torchon, mais évidemment les choses ne vont pas se passer comme ça. Tous les faits relatés sont vrais, comme le fantasme qui  a entouré la mort de Mussolini à la libération de l'Italie, était-ce vraiment le cadavre du Duce qu'on a vu pendu par les pieds? Umberto Eco s'amuse à décortiquer les dérives de l'information, entre théorie du complot, overdose d'infos et tendance récurrente de la société du spectacle: la délégitimation, on ne répond pas plus à un contradicteur, on cherche à lui nuire. Dans "numéro zéro", le plus truculent personnage est Bragadoccio, c'est lui qui tisse une théorie délirante autour de la mort de Mussolini et quand l'auteur met en parallèle une très sérieuse enquête de la BBC sur le même sujet, la démonstration est faite que pour bon nombre de personnes, il n'y a pas de grande différence entre l’investigation et l'extrapolation. Ce livre à suspense, dont l’intrigue est antérieure aux années Berlusconi en Italie, mais les annonce, mériterait de figurer au programme de toutes les écoles de journalisme.

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