"Son épouse", de Michel Spinosa : un étonnant voyage en Inde

On est très loin des clichés que l'Inde peut parfois engendrer. Si Michel Spinosa évite les écueils, de l'exotisme, et du misérabilisme, c'est parce qu'il nous raconte avant tout l'histoire d'une rencontre. Une rencontre improbable, compliquée, déroutante, entre un Français rationnel et cartésien, Joseph, qui vient d'apprendre la mort de son épouse, Catherine, en Inde, et une jeune indienne tamoul, Gracie, qui se dit possédée par l'âme de cette femme disparue.

Ces histoires de possessions et de deuil, peuvent faire un peu peur, et même s'il y a des longueurs, même s'il faut accepter parfois de se perdre dans ce voyage entre la France et l'Inde, le cinéaste réussit à nous étonner et finalement à nous émouvoir. Il reste très proche de ses personnages. Charlotte Gainsbourg dans le rôle de l'épouse meurtrie, qui va disparaître en Inde, est extrêmement touchante. Yvan Attal, lorsqu'il part sur ses traces et rencontre cette jeune tamoul possédée, semble aussi déstabilisé et perdu que le spectateur.

Michel Spinosa ne cherche pas à expliquer, il nous propose simplement une immersion. Il se contente d'observer ces différents parcours vers une forme d'acceptation ou de paix retrouvée. Ce type de voyage est rare dans le cinéma français.

Le réalisateur a toujours été passionné par les troubles de l'âme humaine, la psychanalyse en particulier. Ce qui l'a passionné dans cette région de Madras en Inde, où il a tourné, ce sont les sanctuaires thérapeutiques ou des Indiens qui se disent possédés tentent de guérir. Il avait envie de confronter les différentes manières dont la possession peut se manifester.

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