Sieranevada : l’amour familial acide de Cristi Puiu

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C'est un beau mois d'août de cinéma qui débute avec l'arrivée sur les écrans de nombreux films présents à Cannes en mai dernier. Ça commence demain avec "Sieranevada" du roumain Cristi Puiu, Une longue plongée dans une famille de Bucarest, ou comment raconter le monde en restant dans un appartement.

C'est d'abord une performance, donner au spectateur la sensation que le film a été tourné en temps réel, le temps d'un début d'après-midi qui s'étire dans un exigu appartement qui sent encore la Roumanie de Ceausescu. De longs plans séquence, une foule de personnages, parents, amis, voisins, pour célébrer l'anniversaire de la mort du patriarche de cette famille. Le pope qui doit bénir le repas est en retard et dans ce huis clos où la caméra fait des prouesses, les déplacements des personnages tiennent de la chorégraphie, les histoires familiales croisent la grande histoire en marche.

Le fils aîné, médecin qui a réussi, sa femme, qui aime avant tout le luxe, le neveu qui croit dur comme fer aux thèses complotistes, le mari volage, l'épouse humiliée, une famille banale en somme. Mais là où Cristi Puiu nous surprend, c'est qu'on finit par se mettre à la place du mort, son âme flotte entre ces murs gris et étroits, que penserait-il de cette tragi-comédie? "On peut mettre une caméra dans une cuisine, à l’intérieur d’une famille et là on peut raconter l’histoire du monde"  , le cinéma du réel de Cristi Puiu est virtuose, plus ça semble vrai, plus c'est écrit, travaillé. La durée de Sieranevada 2H53 ne doit pas effrayer le public, pour un film qui aurait dû obtenir à Cannes le prix de la mise en scène.

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