Russel Banks fidèle à son Amérique

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Cela faisait 15 ans que Russel Banks n'avait pas publié de recueil de nouvelles, l'un des écrivains américains les plus importants de sa génération revient à ce genre avec "Un membre permanent de la famille" chez Actes Sud, 12 textes courts, où il donne une fois de plus la voix à l'Amérique des laissés pour compte.

Sans jamais s'apitoyer, Russel Banks crée des personnages magnifiques : trois frères, deux flics et un gardien de prison découvrent que leur père a braqué une banque, parce qu'il ne s'en sort plus et qu'il n'ose pas le dire à ses fils. Ils sont losers, humiliés, Russel Banks leur rend leur dignité. "Le membre permanent de la famille" c'est le chien qui reçoit l'amour que les personnages ne peuvent plus donner à un humain, alors un vieux couple se déchire pour savoir qui gardera l'animal, ou encore ce pitbull qui terrorise une femme noire dans un garage: elle est venue acheter une voiture d'occasion avec de l'argent liquide persuadée que parce que noire on ne prendra pas son chèque et embarquée dans une situation qui finit par être drôle, elle se laisse enfermer le soir sur le parking sans oser appeler la police.

Ses histoires, il les imagine là où il vit, à mi-temps entre le nord et le sud de la côte est, chez les petits blancs au bout de l'État de New York et chez les noirs de Floride. L’auteur de "De beaux lendemains" a écrit quatre romans depuis son dernier recueil de nouvelles, "Ce n’est pas la même partie du cerveau qui fonctionne " explique-t-il. Chaque texte, ramassé, sans fioriture claque, émeut, c’est un voyage sur les frontières du rêve américain, une saisissante galerie de portraits sans artifice comme parfois chez les auteurs de nouvelles qui finissent par une ellipse. Le livre se referme et on imagine que la dure vie de ces héros sans nom continue, sans témoin bienveillant désormais.

"Un membre permanent de la famille" de Russel Banks Chez Actes Sud.

Vous êtes à nouveau en ligne